L'opérateur de télécommunications par satellite Eutelsat a mis fin à l'opération de cession de ses infrastructures passives du segment sol au fonds d'investissement EQT Infrastructure VI (EQT). Cette annulation résulte d'une intervention directe du gouvernement français, qui a invoqué le caractère critique de ces actifs pour la souveraineté nationale.

Pourquoi cette intervention de l'État est-elle si significative ?

Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a justifié le veto gouvernemental en expliquant que " ces antennes sont une infrastructure stratégique pour les communications civiles et de nos armées ".

Cette décision rare, prise via la procédure de contrôle des investissements étrangers en France (IEF), souligne l'importance capitale d'Eutelsat, seul concurrent européen de Starlink, la constellation d'Elon Musk, depuis sa fusion avec OneWeb.

Le ministère précise que le blocage n'est pas lié à la qualité de l'investisseur suédois, mais exclusivement au caractère critique de l'activité. L'État français est le premier actionnaire d'Eutelsat avec près de 30 % des parts.

Quelles sont les conséquences financières pour Eutelsat ?

L'annulation de la vente prive Eutelsat d'un apport de 550 millions d'euros, ce qui ralentit son plan de désendettement. Cela oblige l'opérateur à revoir ses prévisions.

Cependant, le groupe se montre rassurant, et affirme qu'il n'y a pas de remise en cause de sa capacité à financer les dépenses d'investissement. En contrepartie, ne pas céder ses actifs permet d'éviter un coût de location annuel estimé entre 75 et 80 millions d'euros.

Comment Eutelsat compte-t-il compenser ce manque à gagner ?

Malgré ce revers financier, Eutelsat dispose de plusieurs leviers pour poursuivre sa stratégie de croissance, notamment le renouvellement de la constellation OneWeb. La récente recapitalisation lui ouvre un accès plus facile au marché obligataire pour lever des fonds nécessaires à ses lourds investissements.

En outre, la Banque Publique d'Investissement (BPI) devrait accorder un financement avantageux pour soutenir ses commandes, comme la récente commande pour un total de 440 satellites passée auprès d'Airbus.

Source : Eutelsat - AFP