Le constructeur américain Ford, en pleine restructuration stratégique, joue une carte maîtresse pour se relancer sur le marché très disputé de l'électrique. Loin des annonces fracassantes du passé, la firme adopte une approche plus pragmatique mais tout aussi ambitieuse.
La marque annonce souhaiter rendre accessible une technologie de pointe pour reconquérir les automobilistes et s'imposer face à une concurrence féroce.
Que promet Ford exactement avec cette nouvelle technologie ?
Le constructeur de Dearborn a confirmé son intention d'intégrer un système avancé de conduite autonome de niveau 3 sur un de ses futurs véhicules électriques. Concrètement, cette fonctionnalité "eyes-off" permettra au conducteur de ne plus regarder la route sur certaines portions d'autoroute, le véhicule gérant seul la conduite grâce à des capteurs, notamment un LiDAR. Cette avancée majeure serait proposée sur un modèle dont le prix de base se situerait sous la barre des 25 000 euros, avec un déploiement prévu dès 2027.
Cette annonce est d'autant plus significative qu'elle cible le marché de masse. Plutôt que de réserver cette innovation à des modèles premium, Ford veut en faire un argument de vente sur le segment accessible. Le tout reposera sur la nouvelle plateforme "Universal EV", une architecture inédite pensée pour simplifier la production et réduire le nombre de pièces de 20% par rapport à un modèle classique.
Comment le constructeur compte-t-il rendre ce projet viable ?
Pour tenir cette promesse, Ford a radicalement changé de stratégie. Fini la dépendance à des partenaires externes comme Argo AI, un projet abandonné après un investissement d'un milliard d'euros. Le mot d'ordre est désormais l'internalisation. En développant en interne le matériel et le logiciel, l'entreprise estime pouvoir réduire les coûts de 30%. Le cœur de cette nouvelle technologie est un calculateur central surpuissant qui unifie l'infodivertissement et les aides à la conduite.
Ce "cerveau" unique est annoncé comme étant cinq fois plus performant et deux fois moins encombrant que les systèmes précédents. Cette architecture simplifiée permet non seulement de baisser les coûts de production, mais aussi d'accélérer le déploiement de nouvelles fonctionnalités via des mises à jour logicielles. Une maîtrise verticale qui doit garantir à la fois la performance et la rentabilité.
Quels sont les véritables défis qui attendent Ford ?
L'histoire récente incite à la prudence. En 2016, Ford avait déjà promis un véhicule autonome de niveau 4 pour 2021, un objectif jamais atteint. Si l'approche actuelle semble plus réaliste, le calendrier reste ambitieux et les contraintes réglementaires, comme le montre l'expérience de Tesla, sont un frein majeur. La plus grande inconnue reste cependant la réaction des clients. Doug Field, responsable des véhicules électriques chez Ford, a déjà prévenu : ce système sera une option payante.
Le modèle économique, achat unique ou abonnement mensuel, n'est pas encore défini et traduit les doutes légitimes du constructeur. Les automobilistes seront-ils prêts à payer un supplément pour une fonction utilisable uniquement sur autoroute ? Si la demande n'est pas au rendez-vous, cet investissement colossal pourrait se transformer en un échec coûteux, fragilisant encore un peu plus la position du géant américain dans la course à l'électrification.
Foire Aux Questions (FAQ)
Qu'est-ce que la conduite autonome de niveau 3 ?
Le niveau 3, aussi appelé "eyes-off", autorise le conducteur à ne plus surveiller activement la route dans des conditions spécifiques, comme sur autoroute. Le système gère la direction, l'accélération et le freinage. Cependant, le conducteur doit être capable de reprendre le contrôle du véhicule si le système le lui demande.
Cette technologie sera-t-elle de série sur les modèles Ford ?
Non, Ford a précisé qu'il s'agira d'une option payante. Le modèle économique n'a pas encore été arrêté : il pourrait s'agir d'un coût additionnel à l'achat du véhicule ou d'une formule par abonnement, à l'image du système BlueCruise déjà existant.
Ford développe-t-il tout le système seul ?
En grande partie. Ford conçoit en interne le matériel (calculateur central) et les logiciels pour maîtriser les coûts et l'intégration. Cependant, l'entreprise ne fabrique pas ses propres puces électroniques ni les grands modèles de langage (LLM) qui pourraient être utilisés pour des assistants IA embarqués.