L'offensive des constructeurs chinois sur le segment des véhicules électriques ne montre aucun signe de ralentissement. Le dernier acteur à faire parler de lui est Shangjie, une marque encore jeune opérant sous l'égide de Huawei.

L'entreprise a officiellement présenté son second modèle, la Z7, une grande berline de type fastback qui vient compléter sa gamme après le lancement du SUV H5.

Cette annonce confirme l'ambition de Huawei de devenir un acteur incontournable de l'écosystème automobile, non pas en tant que constructeur direct, mais comme un puissant partenaire technologique.

Un air de déjà-vu : quand la Z7 s'inspire de Stuttgart

Il est difficile de regarder la Shangjie Z7 sans penser immédiatement à une autre voiture. La ressemblance avec la Porsche Taycan est particulièrement frappante, notamment de profil.

On y retrouve une ligne de toit fuyante, des ailes galbées et un capot bombé qui rappellent sans équivoque les lignes de la sportive allemande. Même la signature lumineuse arrière semble puiser son inspiration dans le design de Stuttgart.

Huawei Shangjie Z7 camouflage

Cette filiation esthétique est assumée par Richard Yu, le président de l'alliance HIMA, qui positionne la Z7 comme une rivale des références du luxe européen. Si l'habitacle n'a pas encore été dévoilé en images, on peut s'attendre à ce qu'il reprenne les éléments vus dans le SUV H5, avec un agencement classique autour de deux grands écrans et d'une console centrale proéminente.

La Z7 se distingue cependant par des poignées de porte semi-cachées et des indicateurs lumineux bleus, signature des systèmes d'aide à la conduite avancés de Huawei.

Huawei à la manœuvre : bien plus qu'un simple constructeur

Shangjie s'inscrit dans l'écosystème HIMA (Harmony Intelligent Mobility Alliance), une stratégie mise en place par Huawei pour pénétrer le secteur automobile. Dans ce partenariat, le rôle de chacun est clair : des constructeurs comme SAIC Motor se chargent de la fabrication, tandis que Huawei fournit tout l'arsenal technologique.

Cela inclut l'architecture logicielle, le système d'exploitation embarqué HarmonyOS, et surtout, les systèmes de conduite intelligente.

La présence d'un LiDAR sur le toit de la Z7 est un indice majeur de ses capacités. Cet équipement est essentiel pour le fonctionnement du système de conduite avancée « Huawei Qiankun ADS 4 ».

Bien que la liste complète des assistances n'ait pas été communiquée, cette technologie de fusion multi-capteurs promet des fonctionnalités de conduite autonome de haut niveau, devenant un argument de vente central.

Huawei a même précisé que la configuration intelligente du véhicule n'aurait pas de "limite supérieure", suggérant des mises à jour logicielles continues pour enrichir les capacités de la voiture.

Le duel des géants de la tech : la Xiaomi SU7 en ligne de mire

Avec cette berline, Huawei et Shangjie ne visent pas seulement les marques de luxe européennes, mais entrent en confrontation directe avec un autre géant de la tech chinoise : Xiaomi.

La Z7 est explicitement positionnée pour rivaliser avec la Xiaomi SU7, une autre berline qui a déjà rencontré un franc succès sur le marché local. Le choix d'une carrosserie de berline est d'ailleurs une stratégie audacieuse, dans un marché chinois traditionnellement très friand de SUV.

Xiaomi SU7

L'arme principale de la Z7 pourrait bien être son prix. Les premières estimations évoquent un tarif de départ autour de 200 000 yuans (environ 25 000 euros), ce qui la placerait légèrement en dessous de la SU7, dont le prix de base est de 229 000 yuans.

Cette guerre des prix entre les géants de la technologie sera cruciale pour séduire une nouvelle clientèle. La réception de la Shangjie Z7 constituera un test important pour la stratégie de Huawei, et déterminera si son expertise logicielle peut s'imposer durablement au-delà des SUV, dans le segment très compétitif des berlines électriques.