Une équipe conjointe de l'Institut de géochimie de l'Académie chinoise des sciences et de l'université du Shandong a fait une découverte dans les échantillons de sol lunaire rapportés par la mission Chang'e-6 en 2024.

L'analyse des échantillons a révélé la présence de grains cristallins d'hématite (α-Fe2O3) et de maghémite (γ-Fe2O3), une première qui fournit une preuve matérielle directe de l'existence de matériaux fortement oxydés à la surface de la Lune.

Une confirmation par l'échantillon

La communauté scientifique a longtemps considéré la Lune comme un environnement réducteur, où l'absence quasi totale d'oxygène empêche le fer de s'oxyder. Jusqu'à présent, les analyses montraient que le fer lunaire se trouvait principalement sous sa forme métallique (Fe0) ou ferreuse (Fe2+).

La découverte publiée dans la revue Science Advances est significative. Bien que des observations orbitales aient suggéré la présence d'hématite aux hautes latitudes depuis 2020, il manquait la confirmation par l'échantillon, désormais acquise.

Quelle est l'origine de cette rouille lunaire ?

L'hypothèse privilégiée lie la formation de ces minéraux oxydés aux impacts de météorites qui ont marqué l'histoire de la Lune. La chaleur et la pression extrêmes générées par de telles collisions auraient vaporisé les matériaux de surface, créant un environnement transitoire localement riche en oxygène.

Ce processus d'oxydation inédit aurait permis au fer, libéré notamment par la désulfuration de la troïlite (FeS), de se combiner avec l'oxygène avant de se redéposer sous forme de cristaux d'hématite de taille micrométrique.

Chang e 6 face cachée lune

Des implications pour la géologie et le magnétisme de la Lune

La recherche offre une piste sérieuse pour expliquer les mystérieuses anomalies magnétiques détectées à la surface de la Lune, dont dans la région du bassin Pôle Sud-Aitken d'où proviennent les échantillons.

Les produits intermédiaires de la réaction, comme la magnétite et la maghémite, sont des minéraux magnétiques. Leur présence, confirmée aux côtés de l'hématite, pourrait donc être le chaînon manquant pour comprendre l'origine et l'histoire de ces champs magnétiques localisés.