Organisation japonaise de lutte contre le piratage, CODA (Content Overseas Distribution Association) a annoncé la fermeture de Bato.to. Une plainte avait été déposée par cinq grands éditeurs japonais, dont Square Enix. Le démantèlement a été rendu possible grâce à une enquête et une coopération entre le Japon et la Chine.

Quelle était l'ampleur de ce réseau pirate ?

Lancé en 2014, Bato.to était devenu le plus grand réseau de piratage de mangas au monde. Il opérait environ 60 sites miroirs, cumulant 350 millions de visites pour le seul mois de mai 2025. Sur une période de 37 mois, le trafic total a atteint 7,2 milliards de visites.

La plateforme hébergeait des œuvres populaires traduites dans plus d'une cinquantaine de langues. Pour échapper aux autorités, l'opérateur basé en Chine avait mis en place un système de géoblocage afin d'empêcher l'accès depuis le pays, donnant l'impression qu'aucune infraction n'était commise sur le territoire.

Cette manœuvre lui permettait d'attirer un trafic mondial et de générer d'importants revenus publicitaires illicites.

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Une collaboration internationale a permis le démantèlement

L'enquête avait débuté en juillet 2024. Avec la contribution d'experts en cybersécurité, il a été découvert que des services chinois étaient impliqués. Une plainte pénale a été déposée en septembre 2025 auprès du Bureau de la sécurité publique de Shanghai.

Le tournant de l'affaire a été la collaboration avec China Literature Limited, une filiale de Tencent, qui a également porté plainte après avoir constaté que ses propres production étaient piratées.

Une action coordonnée a conduit à une perquisition au domicile du suspect en novembre 2025. Ce dernier a reconnu les faits et a été libéré sous caution en attendant sa mise en accusation formelle. L'ensemble des 60 sites affiliés a été fermé en janvier.