Après une année 2025 dévastatrice marquée par la perte de près de 4 000 employés, l'agence spatiale américaine peut enfin respirer. Le Congrès américain a validé une enveloppe de 24,4 milliards de dollars pour l'année fiscale 2026. Ce montant, en léger recul de 1,6 % par rapport à 2024, constitue une véritable victoire face à la proposition de la Maison Blanche qui prévoyait d'amputer l'agence de près d'un quart de ses financements.
Quelles missions scientifiques ont été sauvées in extremis ?
Le soulagement est immense pour la communauté scientifique. La proposition initiale de l'exécutif menaçait de diviser par deux le budget alloué à la Direction des missions scientifiques, ce qui aurait entraîné l'annulation de plus de 50 missions en cours ou planifiées. Finalement, le budget scientifique s'établit à 7,25 milliards de dollars, une baisse contenue de 1,1 % qui permet de préserver l'essentiel.
Dans le détail, tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. L'héliophysique (l'étude du Soleil et de son influence) sort grande gagnante avec une hausse de 8,7 % de ses crédits. En revanche, les sciences planétaires subissent une coupe de 6,5 %. Malgré tout, des projets majeurs comme la mission Dragonfly vers Titan ou le télescope spatial Nancy Grace Roman voient leur avenir assuré.
Comment les centres de recherche et les infrastructures sont-ils protégés ?
Au-delà des chiffres, le vote du Congrès a une portée symbolique et structurelle forte. Le Goddard Space Flight Center, un pôle d'excellence connu pour son rôle central dans le projet James Webb, a été particulièrement touché par la crise de 2025, perdant près d'un tiers de ses effectifs. Face à cette situation, le Sénat a agi fermement.
Le texte de loi inclut une clause ordonnant explicitement à la direction de la NASA de « préserver toutes les capacités techniques et scientifiques de classe mondiale du centre Goddard ». Cette protection s'étend également au Goddard Institute for Space Studies, un laboratoire de pointe sur le climat basé à New York, que l'administration Trump avait l'intention de fermer. Ses travaux pourront continuer avec un minimum de perturbations.
Le Goddard Space Flight Center
Pourquoi le retour d'échantillons martiens fait-il figure de grand perdant ?
Si la plupart des programmes s'en sortent bien, il y a une victime collatérale notable dans ce compromis budgétaire. Le programme Mars Sample Return (MSR), qui visait à rapporter sur Terre les échantillons collectés par le rover Perseverance, a été officiellement annulé dans sa configuration actuelle. Il faut dire que le lanceur lourd SLS (Space Launch System), indispensable au programme Artemis, a été sauvé grâce à de puissants soutiens politiques, concentrant une partie des ressources.
Toutefois, la porte n'est pas complètement fermée pour l'exploration de la Planète rouge. Une enveloppe de 110 millions de dollars a été allouée pour continuer à développer les technologies nécessaires à de futures missions. Pour de nombreux experts, MSR paie des années de dérives de coûts et de mauvaise gestion qui le rendaient indéfendable en l'état. Pour la NASA, l'enjeu sera désormais de faire « plus avec moins » dans un contexte inflationniste, mais le pire scénario a été évité.