La Nébuleuse de l'Anneau (ou de la Lyre), aussi connue sous le nom de M 57 (Messier 57), est un objet céleste familier des astronomes et des amateurs depuis sa découverte en 1779.

Située à environ 2 600 années-lumière, elle représente les vestiges d'une étoile semblable à notre Soleil, arrivée en fin de vie d'une étoile il y a environ 4 000 ans.

En expulsant ses couches externes, elle a formé cette coquille de gaz colorée et emblématique. Pourtant, malgré des siècles d'observation, y compris par les télescopes les plus modernes, une énigme cosmique de taille se cachait en son sein.

Une découverte rendue possible par une technologie de pointe

Cette révélation n'aurait pas été possible sans le nouvel instrument WEAVE (WHT Enhanced Area Velocity Explorer). Installé sur le télescope William Herschel de 4,2 mètres, situé aux Canaries, cet équipement de nouvelle génération a permis aux chercheurs d'analyser la nébuleuse avec un niveau de détail sans précédent.

Nébuleuse de la Lyre (credit : ESA / NASA / C. Robert O'Dell / Wikipedia)

Grâce à son mode LIFU, qui utilise des centaines de fibres optiques, WEAVE a pu capturer les spectres lumineux de l'ensemble de la nébuleuse simultanément.

Cette capacité à décomposer la lumière sur toute la surface de l'objet a permis de cartographier sa composition chimique point par point. C'est en analysant ces données que les scientifiques ont vu apparaître, de manière évidente, une structure jusqu'alors inconnue : une longue et fine barre de fer ionisé.

Une anomalie aux proportions cosmiques

La structure observée présente des proportions colossales. S'étendant sur une distance environ 500 fois supérieure à celle de l'orbite de Pluton autour du Soleil, cette barre de fer s'intègre parfaitement à l'intérieur de l'anneau elliptique de la nébuleuse. Les scientifiques estiment que la masse du fer contenue dans cette structure est comparable à celle de la planète Mars.

Une telle concentration de fer, organisée de manière si linéaire, défie les modèles existants sur la formation des nébuleuses planétaires. Habituellement, les éléments lourds comme le fer sont censés être distribués plus uniformément dans les gaz éjectés par l'étoile mourante.

La présence de cette concentration de fer localisée suggère un mécanisme ou un événement que les théories actuelles peinent à expliquer.

Quelles hypothèses pour expliquer cette barre de fer ?

Pour l'heure, l'origine de cette barre de fer reste un mystère, mais deux hypothèses principales se dessinent.

La première suggère que la structure pourrait être un indice d'une phase inconnue dans le processus d'éjection de matière par l'étoile centrale. La seconde, plus spectaculaire, est que cette barre pourrait être les restes d'une planète rocheuse qui aurait été vaporisée lorsque l'étoile a commencé à se dilater.

Si cette dernière théorie se confirmait, elle offrirait un aperçu glaçant du futur de notre propre Terre, destinée à être engloutie par le Soleil dans quelques milliards d'années.

Pour trancher, les scientifiques devront déterminer si d'autres éléments chimiques coexistent avec le fer. L'équipe prépare donc de futures observations avec WEAVE à plus haute résolution, espérant que les observations à grande échelle prévues au cours des cinq prochaines années révéleront si la Nébuleuse de l'Anneau est un cas unique ou le premier exemple d'un phénomène plus courant.