Depuis sa création en 2016, Neuralink poursuit un objectif qui semblait relever de la science-fiction : connecter le cerveau humain à des ordinateurs.

L'entreprise, cofondée par Elon Musk, développe des implants cérébraux de la taille d'une pièce de monnaie, initialement destinés à restaurer l'autonomie des personnes atteintes de paralysie sévère ou de maladies neurologiques comme Parkinson et Alzheimer.

Après des années de développement et des essais cliniques scrutés de près, la société semble prête à changer d'échelle.

Une ambition décuplée : la production de masse

Elon Musk a confirmé via le réseau social X que Neuralink « commencera la production à haut volume de ses dispositifs d'interface cerveau-ordinateur » dès cette année.

implant Neuralink

Cette déclaration marque un tournant stratégique pour la start-up, qui jusqu'à présent se concentrait sur des essais cliniques à échelle réduite. L'objectif est clair : rendre la technologie accessible à un plus grand nombre de patients.

Ce passage à l'échelle supérieure pour Neuralink est soutenu par une récente levée de fonds de 650 millions de dollars, valorisant l'entreprise à près de 9 milliards de dollars.

En novembre 2024, une vague de recrutements de techniciens de fabrication et de spécialistes en microfabrication avait déjà laissé présager cette accélération, confirmant que l'ambition de Musk se renforçait.

La chirurgie de demain sera-t-elle robotisée ?

Le second volet de l'annonce, martelé par Elon Musk, est tout aussi percutant : la procédure chirurgicale pour poser les implants sera « rationalisée et presque entièrement automatisée d'ici 2026 ».

Aujourd'hui, l'intervention nécessite encore un chirurgien humain pour retirer une partie du crâne avant qu'un robot n'insère les fils microscopiques portant les électrodes dans le cerveau.

Neuralink implant cerebral

L'innovation technique clé de ces implants cérébraux réside dans la capacité des nouveaux dispositifs à traverser la dure-mère, la membrane protectrice du cerveau, sans avoir à la retirer.

« C'est une avancée considérable », a souligné Musk. Cette automatisation vise non seulement à rendre les opérations plus rapides et plus sûres, mais aussi à réduire les barrières à l'adoption de cette technologie de pointe.

Des résultats concrets aux perspectives futures

La société compte déjà une douzaine de patients implantés à travers le monde, selon un bilan de septembre 2025. Le premier d'entre eux, Noland Arbaugh, tétraplégique, a témoigné de l'impact positif de l'implant sur son quotidien, lui permettant de jouer aux jeux vidéo, de naviguer sur internet ou de contrôler un curseur par la pensée.

Ces succès, validés par l'approbation de la FDA américaine après des préoccupations initiales en 2022, ont ouvert la voie à des essais cliniques internationaux, notamment au Canada et au Royaume-Uni.

Alors que l'entreprise vise plus d'un millier de patients d'ici 2026, la grande question reste celle de la démocratisation : cette technologie pourra-t-elle un jour dépasser le cadre médical pour, comme le suggère Musk, fusionner la conscience humaine avec l'intelligence artificielle ?