Fondée avec la promesse de créer une symbiose entre le cerveau humain et l'intelligence artificielle, l'entreprise Neuralink a d'abord dû naviguer les eaux complexes de la réglementation, notamment auprès de la Food and Drug Administration (FDA) américaine.
Après un rejet initial en 2022, Neuralink a obtenu le feu vert en 2024 pour commencer ses essais cliniques, se concentrant sur les personnes atteintes de quadriplégie suite à une lésion de la moelle épinière ou à la maladie de Charcot (SLA).
La société annonce maintenant que 21 participants sont désormais enrôlés dans ses essais cliniques. Les premiers résultats montrent des performances surpassant celles des interfaces standards.
La firme prépare déjà une nouvelle génération d'implants plus puissante et un projet ambitieux, Blindsight, destiné à restaurer une forme de vision.
De la théorie à la pratique : 21 « Neuralnautes » changent la donne
La société a confirmé une progression notable, passant de 12 à 21 participants au total dans ses essais à travers le monde. Le premier produit, baptisé Telepathy, permet à ces utilisateurs de commander des ordinateurs, des smartphones et même des prothèses robotiques par le contrôle par la pensée.
Le système fonctionne en enregistrant l'activité neuronale directement depuis le cortex moteur, traduisant l'intention de mouvement en commandes numériques précises.
Au-delà des chiffres, ce sont les témoignages des participants qui illustrent l'impact de cette technologie. Noland, le premier patient, a repris ses études en neurosciences. Sebastian, un étudiant en médecine de 23 ans, utilise son implant jusqu'à 17 heures par jour pour ses révisions.
Audrey, première femme à recevoir l'implant, a quant à elle retrouvé la capacité de créer des œuvres d'art numériques complexes, avec l'ambition d'ouvrir sa propre galerie.
Franchir le mur de la vitesse et de la parole
L'un des succès mis en avant par l'équipe est le dépassement de la barrière de la vitesse de communication. Un utilisateur moyen de souris atteint une vitesse de 8 à 10 bits par seconde (BPS).
Plusieurs participants aux essais ont déjà dépassé cette performance, à l'image de Nick, qui a franchi le seuil des 10 BPS dès sa première semaine, utilisant son curseur télépathique pour se nourrir ou manipuler un bras robotisé.
La technologie est également mise à profit pour restaurer la parole. Dans le cadre de l'essai clinique VOICE, l'ambition de Neuralink est de permettre aux participants d'atteindre une vitesse conversationnelle de 140 mots par minute.
La méthode consiste à cartographier les mouvements de doigts "imaginés" sur un clavier virtuel, permettant d'atteindre pour l'instant une vitesse de 40 mots par minute.
Quelle est la prochaine étape pour l'interface cerveau-machine ?
L'horizon de l'entreprise ne se limite pas aux applications actuelles. Elon Musk a annoncé qu'une nouvelle génération d'implants cérébraux, offrant trois fois plus de capacités, serait prête d'ici la fin de l'année.
Cette évolution s'accompagne d'une transition vers une production à plus grande échelle et une procédure de chirurgie moins invasive, qui vise à insérer les fils de l'implant directement à travers la dure-mère, l'enveloppe protectrice du cerveau.
Mais l'annonce la plus audacieuse reste le projet Blindsight. En attente de l'approbation réglementaire, ce dispositif a pour objectif de restaurer une forme de vision chez les personnes non-voyantes en stimulant directement le cortex visuel.
Si la résolution initiale est décrite comme étant comparable à des "graphismes Atari", la finalité est de parvenir, à terme, à une vision qui pourrait surpasser les capacités naturelles de l'œil humain, ouvrant un nouveau chapitre fascinant pour la neurotechnologie.