L'annonce a de quoi surprendre. Pour l'investiture de son nouveau maire, Zohran Mamdani, la ville de New York a publié une liste d'objets interdits qui fait grincer des dents. Aux côtés des armes, drones et explosifs, deux noms de produits se détachent : le Raspberry Pi et le Flipper Zero. Une décision qui interroge la communauté tech, perplexe face à cette mise au ban d'outils considérés comme inoffensifs et surtout, largement utilisés à des fins éducatives et créatives.

Quelle est la justification derrière cette interdiction ?

Officiellement, la ville n'a fourni aucune explication claire. Les experts supposent que la crainte d'une utilisation malveillante pour des activités de piratage ou d'interférence est à l'origine de la décision. Le Flipper Zero est connu pour ses capacités à tester les signaux radio et à cloner des badges d'accès. Le Raspberry Pi, bien que moins spécialisé, pourrait être utilisé en complément pour des actions de clonage d'identifiants ou de perturbation sans fil.

Zohran Mamdani

Pourtant, cette logique semble bancale. Des appareils bien plus puissants et connectés, comme les smartphones ou les ordinateurs portables, n'ont pas été inclus dans la liste. Un téléphone moderne peut réaliser toutes les tâches d'un Raspberry Pi, et bien plus encore, soulevant des critiques sur une mesure qui relève plus du "théâtre sécuritaire" que d'une réelle analyse de risque.

Pourquoi cette décision est-elle considérée comme absurde ?

L'absurdité réside dans le ciblage de noms de marques plutôt que de fonctionnalités. En interdisant un ordinateur monocarte, la sécurité de New York laisse passer des smartphones capables de filmer en 4K, de scanner des réseaux et de communiquer via de multiples protocoles. C'est une politique "basée sur les vibrations", comme le suggère Phillip Torrone d'Adafruit, potentiellement générée par une IA mal informée qui aurait associé ces noms à des activités de "hacking".

flipper zero 3

Le Raspberry Pi est avant tout un outil pédagogique, utilisé dans les écoles, par les artistes et les développeurs pour des projets créatifs et civiques. Le bannir revient à considérer la curiosité technologique comme suspecte, ignorant les outils bien plus puissants que chacun porte déjà dans sa poche.

Quelles pourraient être les conséquences d'une telle mesure ?

Le principal risque est de créer un précédent dangereux. Aujourd'hui, cette interdiction vise le Raspberry Pi et le Flipper Zero. Demain, la liste pourrait s'étendre à d'autres cartes de développement comme les Arduinos, les ESP32, ou même des calculatrices graphiques. Cette approche crée de l'ambiguïté pour les agents de sécurité et les citoyens.

Cette décision ternit l'image d'une ville qui se veut à la pointe de la technologie et de l'innovation. En transformant des outils d'apprentissage en objets de contrebande, les organisateurs envoient un message confus et contre-productif, alors que la sécurité publique exige des règles claires, précises et basées sur des risques avérés, non sur des angoisses diffuses.

Foire Aux Questions (FAQ)

Le Flipper Zero est-il un appareil dangereux ?

Non, c'est un outil de test multi-fonctions. S'il peut être utilisé à des fins malveillantes, comme un ordinateur ou un smartphone, il est principalement destiné aux professionnels de la sécurité et aux passionnés d'électronique pour comprendre les technologies sans fil qui nous entourent.

Un smartphone n'est-il pas plus capable qu'un Raspberry Pi ?

Absolument. Un smartphone moderne est un ordinateur surpuissant, doté de multiples capteurs, de connexions cellulaires, Wi-Fi, Bluetooth, NFC et GPS, le rendant bien plus apte à des actions de surveillance ou de perturbation qu'un simple Raspberry Pi qui nécessite souvent une configuration complexe pour des tâches similaires.