Le constructeur chinois de robots EngineAI et la firme spatiale Interstellor s'associent pour lancer le programme Humanoid Robot Astronaut Exploration.

L'objectif : faire du robot PM01 le premier astronaute robot humanoïde au monde, capable de réaliser des missions à haut risque dans l'espace, marquant une étape majeure pour l'intelligence artificielle incarnée et l'exploration spatiale chinoise.

PM01 : un concentré de technologie prêt à affronter le vide spatial

Le PM01 n'est pas un robot ordinaire. Conçu comme un agent intelligent incarné, il mesure 1,38 mètre pour environ 40 kilogrammes et repose sur un exosquelette en alliage d'aluminium.

Il est doté d'un système de perception environnementale de haute précision, d'une capacité de réponse motrice qui se compte en millisecondes et d'un cadre de décision autonome basé sur des algorithmes propriétaires.

EngineAI avait d'ailleurs marqué les esprits en affirmant que son PM01 a été le premier robot humanoïde à réussir un salto avant. Son architecture à double puce, combinant un module NVIDIA Jetson Orin et un processeur Intel N97, lui confère la puissance de calcul nécessaire pour gérer l'intelligence artificielle, la perception et le contrôle de ses mouvements en temps réel.

Cependant, l'environnement spatial représente le test ultime. Les missions en orbite exposent les machines à des conditions extrêmes : vide, microgravité, variations de température drastiques et niveaux de radiation élevés.

Ces contraintes exigent une fiabilité et une autonomie bien supérieures à tout ce qui est requis sur Terre. C'est précisément pour relever ces défis techniques que le partenariat entre EngineAI et Interstellor prend tout son sens.

Une alliance stratégique aux enjeux élevés

Cette collaboration tire parti des forces complémentaires des deux entreprises. EngineAI apporte son expertise en contrôle de mouvement et en algorithmes d'intelligence incarnée, tandis qu'Interstellor fournit son expérience en ingénierie aérospatiale et sa connaissance des exigences des missions orbitales.

Les équipes ont déjà mené plusieurs simulations conjointes et des évaluations des risques pour adapter le PM01. Cette approche vise à renforcer la résilience, l'adaptabilité et la fiabilité du robot pour l'exploration spatiale.

À terme, le PM01 pourrait prendre en charge des tâches à haut risque, dépassant les limites physiologiques humaines. Celles-ci incluent la maintenance externe des stations spatiales, l'exploration de zones dangereuses ou la surveillance de longue durée, des missions qui exposeraient les astronautes humains à des dangers importants.

En déployant des robots pour ces opérations, le risque pour les équipages serait considérablement réduit, instaurant une ère de collaboration homme-machine au cœur des opérations spatiales durables.

Au-delà de l'orbite : deux entreprises aux ambitions terrestres et célestes

Pendant que le programme spatial robotique prend forme, EngineAI ne néglige pas le marché terrestre. En juin 2023, l'entreprise a commercialisé une version allégée de son robot, le PM01 JD Joy Inside, sur la plateforme JD.com au prix d'environ 27 000 dollars.

Ce modèle intègre le système d'IA de JD, permettant des conversations plus fluides et une personnalisation avancée de son comportement. Cela veut démontrer une stratégie commerciale bien ancrée sur deux fronts.

De son côté, Interstellor nourrit de grandes ambitions dans le tourisme spatial. L'entreprise a dévoilé une feuille de route claire avec deux projets majeurs. Le premier, CYZ1, prévu pour 2028, proposera une expérience de gravité zéro à 100 km d'altitude.

Le second, CYZ2, visé pour 2032, ambitionne d'atteindre une orbite de 400 km pour offrir un véritable séjour touristique dans l'espace. En attendant, les équipes techniques conjointes se concentrent sur l'adaptation du PM01, l'optimisation de ses algorithmes pour les tâches en orbite et le renforcement de sa fiabilité.