L'espace proche de la Terre n'est plus le vide silencieux qu'il était. Avec des milliers de satellites actifs, dont 65% appartiennent à la seule constellation Starlink de SpaceX, la gestion du trafic orbital est devenue un enjeu de sécurité majeur.

Un récent rapport déposé auprès de la FCC américaine lève le voile sur une réalité vertigineuse : le nombre d'esquives nécessaires pour prévenir les catastrophes a explosé.

Une augmentation spectaculaire des manœuvres

Les chiffres sont sans appel. De juin à novembre 2025, Starlink a réalisé environ 149 000 manœuvres d'évitement. En ajoutant les données du premier semestre, le total annuel avoisine les 300 000, contre 200 000 en 2024. Cette hausse de 50% traduit une densification extrême de l'orbite basse.

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Chaque satellite de la flotte effectue en moyenne jusqu'à 40 manœuvres par an, un chiffre colossal comparé aux quelques ajustements annuels d'un satellite traditionnel pré-Starlink.

Les experts qualifient ce nombre d'incroyablement élevé et s'inquiètent de la trajectoire actuelle. Si la tendance se maintient, SpaceX pourrait atteindre le million de manœuvres annuelles d'ici 2027.

La Chine, un acteur central dans les rencontres orbitales

Le rapport de SpaceX pointe spécifiquement du doigt plusieurs objets spatiaux chinois comme étant à l'origine de milliers d'ajustements.

Sur les 20 objets les plus problématiques, sept proviennent de Chine et ont nécessité plus de 3 700 manœuvres à eux seuls, augmentant le risque de collisions. Le satellite expérimental Honghu-2 est particulièrement cité, avec plus de 1 000 approches rapprochées.

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Cette situation illustre la rivalité grandissante entre les méga-constellations américaines et chinoises, comme les projets Guowang et Qianfan. SpaceX a d'ailleurs souligné que les opérateurs chinois et russes sont souvent réticents à partager des données, un manque de communication qui complique grandement la prévention des incidents.

Un système autonome sous tension permanente

Pour gérer ce volume colossal de manœuvres, SpaceX s'appuie sur un système autonome qui calcule les risques et déclenche les ajustements de trajectoire pour sa flotte Starlink.

Cependant, ce système, aussi performant soit-il, n'est pas infaillible. Un incident avec un satellite de l'entreprise japonaise Astroscale, qui aurait effectué une manœuvre non annoncée, a montré les limites de la coordination.

Alors que la Chine prévoit de lancer plus de 200 000 satellites, la question n'est plus de savoir si le système de SpaceX est parfait, mais combien de temps il pourra tenir avant qu'une erreur ne provoque une catastrophe en cascade.