Le constructeur Tesla lève le voile sur la performance de son poids lourd Tesla Semi avec une vidéo démontrant une charge à 1,2 MW.

Cette puissance, attendue depuis des années, vise à répondre au principal défi du transport électrique long-courrier : le temps d'immobilisation. Si elle est déployée à grande échelle, elle pourrait aligner les temps de pause des chauffeurs avec la recharge, changeant la dynamique économique du secteur.

Le monde du transport routier observe avec attention chaque avancée de la marque dans le domaine des poids lourds. La publication récente d'une vidéo montrant la recharge ultra-rapide du Tesla Semi vient enfin apporter des réponses concrètes à une question cruciale : le camion électrique peut-il réellement rivaliser avec le diesel sur les longues distances ? Cette démonstration de force était attendue de longue date par une industrie pour le moins sceptique.

La fin d'une longue attente

Depuis sa première présentation en 2017, le Tesla Semi a suscité autant d'enthousiasme que de doutes. Le principal point de friction pour ce type de camion électrique n'a jamais été la puissance ou le couple, mais bien l'autonomie et, surtout, le temps nécessaire pour recharger une batterie colossale estimée à près de 900 kWh.

Tesla Semi poids lourd electrique

Les premiers partenaires comme PepsiCo ont bien mis les véhicules en service, mais les données précises sur les performances de charge restaient jusqu'ici confidentielles.

L'objectif affiché par Tesla était particulièrement ambitieux : récupérer 70 % d'autonomie en 30 minutes. Une telle performance exige une puissance bien supérieure aux chargeurs pour voitures particulières, qui plafonnent à 250 ou 350 kW en Amérique du Nord.

La publication récente sur le compte X officiel du Semi vient enfin concrétiser ces affirmations avec des chiffres à l'appui, dissipant une partie du brouillard qui entourait le projet.

Comment atteindre 1,2 mégawatt ?

La vidéo, très scrutée, montre des ingénieurs supervisant la session de charge où la puissance grimpe pour culminer à 1 206 kW, soit 1,2 MW. Cette performance repose sur l'architecture des nouvelles armoires V4 de Tesla, conçues pour supporter des tensions allant jusqu'à 1000 volts.

Ces infrastructures modulaires peuvent ainsi délivrer jusqu'à 500 kW pour des véhicules comme le Cybertruck et la puissance maximale pour le Tesla Semi.

Le véritable défi technique réside dans la gestion thermique. Une telle puissance génère une chaleur immense, mais le système semble parfaitement maîtrisé grâce à un câble à refroidissement liquide et un connecteur à refroidissement par immersion.

Ce nouveau connecteur, d'ailleurs, est compatible avec le standard MCS (Megawatt Charging System), confirmant la volonté de Tesla de s'aligner sur une norme industrielle émergente plutôt que de privilégier une solution entièrement propriétaire.

Des zones d'ombre aux défis futurs

Si le pic de puissance est impressionnant, la vidéo laisse néanmoins plusieurs questions en suspens. L'état de charge de la batterie n'est pas montré, il est donc impossible de savoir à quel pourcentage ce pic est atteint et, surtout, combien de temps il peut être maintenu. La courbe de charge complète reste le véritable indicateur qui déterminera la performance réelle du véhicule au quotidien.

Tesla Semi Cockpit

À une puissance de 1,2 MW, on ajoute environ 20 kWh par minute. Sur la base d'une batterie de 850 kWh, une charge de 10 à 80 % pourrait théoriquement prendre moins de 45 minutes, ce qui changerait complètement l'équation économique en s'alignant sur les pauses obligatoires des chauffeurs.

Mais le défi passe de la technique à la logistique : le déploiement de ces Megachargers sur tout le territoire représente un enjeu colossal pour les réseaux électriques. Alors que Tesla prépare la production de masse du Semi pour 2026, l'infrastructure reste le principal goulot d'étranglement.