C'est une étape historique dans la quête pour résoudre la crise des dons d'organes. Une équipe de l'Université Médicale de Guangzhou, en Chine, a réussi la toute première xénotransplantation d'un poumon de porc sur un receveur humain. L'opération, réalisée sur un homme de 39 ans en état de mort cérébrale, a permis de maintenir le poumon viable et partiellement fonctionnel pendant neuf jours, comme le rapporte la prestigieuse revue Nature Medicine.

Comment s'est déroulée cette opération inédite ?

L'intervention a consisté à greffer le poumon gauche d'un porc, ayant subi six modifications génétiques pour réduire les risques de rejet, sur le patient. Le propre poumon droit du receveur a été laissé en place. Pendant les neuf jours de l'expérience, les chirurgiens ont observé que le poumon porcin était correctement vascularisé et ne déclenchait pas de rejet hyperaigu, la réaction immunitaire la plus violente et immédiate.

Opération

Cependant, des signes de rejet plus lents et des dommages tissulaires sont apparus dès les premières 24 heures, confirmant l'extrême complexité de ce type de greffe. L'organe a finalement été retiré au bout de neuf jours à la demande de la famille.

Pourquoi la transplantation de poumons est-elle si complexe ?

De tous les organes, le poumon est le plus difficile à transplanter, même entre humains. Sa particularité est d'être en contact permanent avec l'environnement extérieur à chaque respiration, l'exposant à une multitude d'allergènes, de polluants et de virus.

Son système immunitaire est donc extrêmement actif et sensible, ce qui rend les risques de rejet beaucoup plus élevés que pour un rein ou un cœur. La durée de vie moyenne d'un poumon humain greffé n'est que de cinq à sept ans. Transposer cette procédure avec un organe animal représente donc un défi scientifique immense.

Chirurgie

Est-ce une avancée prometteuse malgré les difficultés ?

Absolument. Bien que qualifiée de "succès mitigé" par les experts, cette expérience est une preuve de concept fondamentale. Elle démontre que la xénotransplantation pulmonaire est techniquement réalisable. Les chercheurs ont réussi à observer directement les processus de rejet et à rassembler des informations essentielles qui orienteront les futures investigations.

Cette première ouvre la voie à l'optimisation des modifications génétiques sur les porcs donneurs et à l'amélioration des traitements immunosuppresseurs. Même si l'application clinique n'est pas pour demain, c'est un pas de géant vers une solution potentielle à la pénurie dramatique de poumons disponibles pour la greffe.

Foire Aux Questions (FAQ)

Qu'est-ce que la xénotransplantation ?

La xénotransplantation fait référence à la transplantation d'organes, de tissus ou de cellules entre espèces différentes. Dans le contexte médical actuel, cela fait principalement référence à l'utilisation d'organes de porcs génétiquement modifiés pour assurer leur compatibilité avec l'organisme humain.

Quelle est la raison d'opter pour des organes de porc ?

Les porcs sont favorisés pour diverses raisons : la taille de leurs organes est comparable à celle des êtres humains, leur élevage est parfaitement contrôlé, et les innovations en matière de modification génétique (telles que CRISPR) offrent la possibilité d'éteindre les gènes porcins qui causent le rejet, tout en implantant des gènes humains pour optimiser la compatibilité.

A-t-on déjà procédé à des greffes d'organes de porc ?

Oui, avec des succès variés. Des reins et des cœurs de porcs génétiquement modifiés ont déjà été transplantés sur des patients vivants aux États-Unis, dont certains ont survécu plusieurs mois. Des foies ont également été testés sur des receveurs en état de mort cérébrale.