Informatique quantique : l’Europe ne doit plus être la colonie du monde numérique

Le par  |  41 commentaire(s)
cryptage-quantique

Depuis toujours se déroule à l’international une véritable course à l’armement en matière d’avancées technologiques. Reste que les différentes nations en lice rencontrent désormais la même limite : la puissance de calcul. Limite que l’informatique quantique promet de repousser si loin qu’elle en est devenue le nouveau graal et mobilise des investissements massifs des grandes puissances … excepté pour l’Europe en passe de manquer un des virages technologiques les plus importants.

Avis d'expert par Mickaël Réault, dirigeant-fondateur de Sindup

Remarque : les propos tenus ici n'engagent pas la rédaction de GNT mais constituent un avis éclairé de la part d'un expert dans son domaine que nous avons jugé opportun de vous faire partager. Il ne s'agit pas d'un article promotionnel, aucun lien financier ou autre n'existant entre cette société et GNT, le seul intérêt étant de vous apporter un éclairage intéressant sur un domaine particulier.

A l’aube d’avancées technologiques majeures, causes de mutations profondes dans nos sociétés, il en est une qui va jouer un rôle d’accélérateur de particules et décupler de façon exponentielle la vitesse de progression de toutes les autres : l’informatique quantique.

D Wave Systems qubit ordinateur quantique

ordinateur quantique

Désormais investie par les géants du secteur comme Google, IBM, Microsoft et Atos côté français, cette technologie est en mesure de démultiplier la puissance de calcul au point de parvenir à résoudre en quelques minutes des problèmes qui prendraient des milliards d’années aux machines actuelles. Alors, quand on sait qu’aujourd’hui biotechnologies, intelligence artificielle, réalité virtuelle et autres innovations arrivent à un point où seule la puissance de calcul les empêchera d’aller plus loin, il est facile d’imaginer comment l’informatique quantique a le potentiel de propulser, d’un coup, l’évolution de nos sociétés. Derrière se dessinent sans surprise des enjeux de souveraineté face auxquels l’Europe tarde à réagir, surtout à se donner les moyens. Le vieux continent a en effet manqué suffisamment de virages technologiques pour ne pas laisser passer celui-là. Comme l’a très justement dit Victor Hugo, « En temps de révolution, qui est neutre est impuissant ».

En 2016, la Commission Européenne annonçait une enveloppe de 50 milliards d’euros à destination de l’industrie 4.0, dont à peine 1 milliard dédié à la recherche quantique.

Les Etats-Unis et la Chine déjà prêts

Aujourd’hui, si les enjeux de souveraineté numérique et leurs conséquences économiques sont dans toutes les bouches en Europe, les démarches associées restent malheureusement bien insuffisantes et surtout en réaction aux initiatives extérieures. L’Europe ne doit plus se contenter de suivre.

Depuis des décennies les acteurs économiques européens recourent à des technologies informatiques majoritairement issues de l’industrie américaine, qu’il s’agisse de systèmes d’exploitation (serveurs d’entreprise, smartphones, ordinateurs personnels, etc.), d’infrastructures du réseau Internet, de logiciels, de processeurs ou de moteurs de recherche. Une fois engagé, il est difficile de faire machine arrière, à la fois pour des raisons pratiques mais également d’amortissement des investissements réalisés puis d’interopérabilité. Reste qu’in fine, l’alternative européenne n’existe pas.

Actuellement, c’est ce même schéma qui se reproduit avec l’ordinateur quantique, technologie d’avenir qui risque d’occuper une place considérable.

Comme l’avait notifié la sénatrice Catherine Morin-Desailly, dans un rapport délivré à la Commission Européenne, « l’Europe est en passe de devenir une colonie du monde numérique, à la fois parce qu’elle devient dépendante de puissances étrangères et parce qu’il n’est peut-être pas exagéré de dire que le sous-développement la guette ».

Depuis deux ans, Microsoft se livre à une véritable course contre la montre avec IBM et Google pour être le premier à sortir son ordinateur quantique et a annoncé début mai qu’il sera prêt d’ici… 5 ans ! Il est même envisagé de mettre cette technologie à disposition du plus grand nombre dans son cloud Azur. De son côté, la Chine n’est pas en reste sur la question puisqu’elle annonçait en 2017 la mise en service du super ordinateur quantique Sunway TaihuLight, considéré sur le moment comme le plus rapide du marché. Pendant ce temps, l’industrie 4.0 annoncée par la Commission Européenne devait voir ses premiers projets lancés en 2018 et à échéance 2020. A ce jour, aucune actualité n’est arrivée jusqu’à nous.

La France porte-étendard européen sur le Quantique ?

Côté français, le Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA) annonçait le 3 mai dernier un projet de coopération avec la société australienne Silicon Quantum Computing (SQC) pour créer un ordinateur profitant de cette technologie. Le 22 mai, le Commissariat s’associait également à Atos pour créer une chaire industrielle dédiée à l’informatique quantique. Financée par l’Agence Nationale de la Recherche, la structure bénéficiera d’un budget de… 1,2 million d’euros. Une initiative encourageante mais insuffisante.

Pourtant, le danger d’un décrochage, que l’on risque de payer durant des décennies en termes de souveraineté et de retombées économiques, est flagrant. Il est urgent que l’Europe investisse massivement dans l’élaboration de son propre ordinateur quantique ! La France, en retard en matière de constitution de consortiums destinés à mutualiser les forces européennes, aurait tout intérêt à s’emparer du sujet. Nous éviterions ainsi aux startups de l’Union de devoir nécessairement migrer dans le Cloud du GAFAM pour rester dans la course. Un défi technologique incontournable, relevons-le !

Complément d'information

Vos commentaires Page 1 / 3

Gagnez chaque mois un abonnement Premium avec GNT : Inscrivez-vous !
Trier par : date / pertinence
Le #2019705
Voilà ... la remarque aux trolls a été faite ... on va pouvoir réellement parler de l'article (ou pas) ...
Le #2019710
J'espère que l'europe sera effectivement à la pointe sur cette question.
Le #2019711
bashing a écrit :

On t'écoute


Marrant, tu ne sais pas lire une phrase en entier.

En même temps, cela ne m'étonne absolument pas ...
Le #2019712
Safirion a écrit :

J'espère que l'europe sera effectivement à la pointe sur cette question.


C'est essentiel même je dirais ...
Le #2019719
bashing a écrit :

Ah bah ça y 'est finalement tu en as parlé. j'ai pas compris ton premier commentaire.

Moi j'ai bien aimé ce podcast de France Culture.
https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/ordinateur-quantique-le-dernier-pas-avant-la-singularite

Avec de vrais experts du sujet pas un patron d'une petite startup qui ne sait pas de quoi il parle (rien que dans l'intro, on sait de suite que l'expert a du avoir un peu de mal en terminale S : "décupler" c'est multiplier par 10 alors "décupler de manière exponentielle" c'est digne d'un employé de marketting qui essaye juste d'employer un jargon pompeux de scientifique. C'est un expert en carton


Tiens tiens ton style....

Me font vaguement penser à une personne.
Le #2019721
Je sais que je vais en faire bondir plus d'un (et surtout les rêveurs de Sci-Fi) mais "quantique = utopique". Pourquoi ?

1. Même si on stabilise les atomes pour pouvoir "jouer" avec leur spin, ça va représenter une consommation colossale d'énergie pour exploiter cette technologie (refroidissement, etc ...). Le rapport quantitatif / prix (càd résultats obtenus sur le coût énergétique) est vraiment lamentable.

2. Tout, je dis bien tout le code gratter jusqu'à présent devra être réécrit ! Vous imaginez les investissements qui ont été fait jusqu'à présent dans le domaine de l'informatique mondial ? Et puis on oserait vous dire : "Ha ben maintenant, on laisse tomber la base 2 et on recommence tout"... Mais oui, bien sûr. Termine ton pétard et ta chope et puis on en reparle.

3. On est encore loin d'un CPU quantique hors d'un laboratoire. Rien d'industriel à grande échelle et je ne parle même pas de la PME ou des ménages.

Soit on trouve le matériau miracle à température ambiante (c'est pas gagné ) ou alors on reste à ce jouet de labo qui peut faire avancer la physique mais sûrement pas l'informatique dans sa globalité.

Ne vous énervez pas, je sais que ce n'est pas marrant qu'on vous dise qu'E.T. est une invention de Spielberg, que Mars est une planète morte et létale, que le quantique est pour les théoriciens en quête d'une méningite mais il faut parfois savoir regarder les choses sous un autre angle pour se rendre compte que, peut-être, il y a d'autres voies plus intéressantes à suivre que celles qu'on espère prendre.

EDIT hors propos : La Tunisie avait trouvé, paraît-il, la faiblesse des belges et... 5-2 pour la Belgique. Ils ont basé leur certitude sur un résultat quantique aussi ? Saleté de décohérence, hein ?!
Le #2019726
bashing a écrit :

Ulysse2K a écrit :

Je sais que je vais en faire bondir plus d'un (et surtout les rêveurs de Sci-Fi) mais "quantique = utopique". Pourquoi ?

1. Même si on stabilise les atomes pour pouvoir "jouer" avec leur spin, ça va représenter une consommation colossale d'énergie pour exploiter cette technologie (refroidissement, etc ...). La rapport quantitatif/prix (càd résultats obtenus sur le coût énergétique) est vraiment lamentable.

2. Tout, je dis bien tout le code gratter jusqu'à présent devra être réécrit ! Vous imaginez les investissements qui ont été fait jusqu'à présent dans le domaine de l'informatique mondial ? Et puis on oserait vous dire : "Ha ben maintenant, on doit tout commencer"... Mais oui, bien sûr.

3. On est encore loin d'un CPU quantique hors d'un laboratoire. Rien d'industriel à grande échelle et je ne parle même pas de la PME ou des ménages.

Soit on trouve le matériau miracle à température ambiante (c'est pas gagné ou alors on reste à ce jouet de labo qui peut faire avancer la physique mais sûrement pas l'informatique dans sa globalité.

Ne vous énerver pas, je sais que ce n'est pas marrant qu'on vous disent qu'E.T. est une invention de Spielberg, que Mars est une planète morte et létale, que le quantique est pour les théoriciens en quête d'une méningite mais faut parfois savoir regarder les choses sous un autre angle pour se rendre compte que, peut-être, il y a d'autres voies plus intéressantes à suivre que celles qu'on espère prendre.


1. Le premier ordinateur classique (on va dire l'eniac) tenait dans une pièce de 170m2, consommait 150kw, pour faire 5000 additions à 3 chiffres par seconde.
Aujourd'hui on est à 3cm2, 40W pour faire 10 000 000 000 d'additions à 64 chiffres binaires par seconde !!!

Pour l'ordinateur quantique, en augmentant la production, tu améliores la techno, tu réduis les coûts énergétiques etc donc ce que tu décris est provisoire.

2. Il n'y a pas à recopier "tout" le code car l'ordinateur quantique n'est utile que pour certains types de problèmes très particuliers (dont la factorisation des grands nombres premiers pour la crypto et quelques problèmes liés à l'IA ou la météo). Mais la plupart des calculs qu'on a à faire ne seront pas améliorés par le calcul quantique (ce que ne mentionne pas l'article). 99% des programmes ne seront pas impactés par le quantique. Tout ce qui est à recoder, est déjà recodé depuis longtemps et on trouve les algos partout sur la toile.

3. Je suis d'accord




Mouarfounet est de retour
Le #2019727
bashing a écrit :

Ulysse2K a écrit :

Je sais que je vais en faire bondir plus d'un (et surtout les rêveurs de Sci-Fi) mais "quantique = utopique". Pourquoi ?

1. Même si on stabilise les atomes pour pouvoir "jouer" avec leur spin, ça va représenter une consommation colossale d'énergie pour exploiter cette technologie (refroidissement, etc ...). La rapport quantitatif/prix (càd résultats obtenus sur le coût énergétique) est vraiment lamentable.

2. Tout, je dis bien tout le code gratter jusqu'à présent devra être réécrit ! Vous imaginez les investissements qui ont été fait jusqu'à présent dans le domaine de l'informatique mondial ? Et puis on oserait vous dire : "Ha ben maintenant, on doit tout commencer"... Mais oui, bien sûr.

3. On est encore loin d'un CPU quantique hors d'un laboratoire. Rien d'industriel à grande échelle et je ne parle même pas de la PME ou des ménages.

Soit on trouve le matériau miracle à température ambiante (c'est pas gagné ou alors on reste à ce jouet de labo qui peut faire avancer la physique mais sûrement pas l'informatique dans sa globalité.

Ne vous énerver pas, je sais que ce n'est pas marrant qu'on vous disent qu'E.T. est une invention de Spielberg, que Mars est une planète morte et létale, que le quantique est pour les théoriciens en quête d'une méningite mais faut parfois savoir regarder les choses sous un autre angle pour se rendre compte que, peut-être, il y a d'autres voies plus intéressantes à suivre que celles qu'on espère prendre.


1. Le premier ordinateur classique (on va dire l'eniac) tenait dans une pièce de 170m2, consommait 150kw, pour faire 5000 additions à 3 chiffres par seconde.
Pour l'ordinateur quantique, en augmentant la production, tu améliores la techno, tu réduis les coûts énergétiques etc donc ce que tu décris est provisoire.

2. Il n'y a pas à recopier "tout" le code car l'ordinateur quantique n'est utile que pour certains types de problèmes très particuliers (dont la factorisation des grands nombres premiers pour la crypto et quelques problèmes liés à l'IA). La plupart des calculs qu'on a à faire ne seront pas améliorés par l'apport quantique (ce que ne mentionne pas l'article). 99% des programmes ne seront pas impactés par le quantique. Tout ce qui est à recoder, est déjà recodé depuis longtemps et on trouve les algos partout sur la toile.

3. Je suis d'accord


Ok, pour ton premier argument :

- D'une certaine manière, c'est vrai qu'au départ les ordinateurs tenaient plus du bien immobilier que mobilier. Clair ! Mais notre avancée dans le domaine de l'informatique "binaire" a été fulgurante alors que pour le quantique, on stagne vraiment depuis des décennies.

- De plus, peu de matériaux sont propices à son exploitation et son utilisation. Pourtant nos connaissances sont très avancées dans la chimie/physique de la matière. On patauge et rien ne semble se dégager vraiment. Ok, suffit d'un petit coup de pouce par le plus grand des hasards et c'est parti mais bon... J'veux bien que l'espoir fait vivre mais si ça coûte un rein, faudrait peut-être envisager autre chose.

- Enfin, en supposant qu'on y arrive (espoir quand tu nous tiens) même si on peut résoudre certains problèmes épineux (mathématiques avancées, factoriels, IA) ce domaine restera une technologie très marginale aux applications très limitées. Cela vaut-il le coût de dépenser autant pour ce domaine ? Je ne sais pas mais perso, je ne pense pas.

Ceci dit, je ne fais que donner un point de vue
Le #2019728
bashing a écrit :

Ulysse2K a écrit :

Je sais que je vais en faire bondir plus d'un (et surtout les rêveurs de Sci-Fi) mais "quantique = utopique". Pourquoi ?

1. Même si on stabilise les atomes pour pouvoir "jouer" avec leur spin, ça va représenter une consommation colossale d'énergie pour exploiter cette technologie (refroidissement, etc ...). Le rapport quantitatif / prix (càd résultats obtenus sur le coût énergétique) est vraiment lamentable.

2. Tout, je dis bien tout le code gratter jusqu'à présent devra être réécrit ! Vous imaginez les investissements qui ont été fait jusqu'à présent dans le domaine de l'informatique mondial ? Et puis on oserait vous dire : "Ha ben maintenant, on laisse tomber la base 2 et on recommence tout"... Mais oui, bien sûr. Termine ton pétard et ta chope et puis on en reparle.

3. On est encore loin d'un CPU quantique hors d'un laboratoire. Rien d'industriel à grande échelle et je ne parle même pas de la PME ou des ménages.

Soit on trouve le matériau miracle à température ambiante (c'est pas gagné ) ou alors on reste à ce jouet de labo qui peut faire avancer la physique mais sûrement pas l'informatique dans sa globalité.

Ne vous énerver pas, je sais que ce n'est pas marrant qu'on vous disent qu'E.T. est une invention de Spielberg, que Mars est une planète morte et létale, que le quantique est pour les théoriciens en quête d'une méningite mais il faut parfois savoir regarder les choses sous un autre angle pour se rendre compte que, peut-être, il y a d'autres voies plus intéressantes à suivre que celles qu'on espère prendre.

EDIT hors propos : La Tunisie avait trouvé, paraît-il, la faiblesse des belges et... 5-2 pour la Belgique. Ils ont basé leur certitude sur un résultat quantique aussi ? Saleté de décohérence, hein ?!


Les Tunisiens projetaient d'étouffer les joueurs belges avec des frites mais ils couraient pas assez vite


Suis à moitié belge mais elle est super :
Le #2019730
bashing a écrit :



Sinon je pense que l'IA c'est un peu comme la conquête spatiale: l'essentiel n'est pas d'aller sur la lune ou sur mars mais de faire progresser ta technologie et de montrer aux autres que tu es aussi fort qu'eux.


L'éternel : "T'as vu, je ne m'en sers pas mais j'en ai une plus grosse !". Que veux-tu, on ne refera pas le monde
Suivre les commentaires
Poster un commentaire
Anonyme