Instagram et l'affaire de la "prime à la nudité"

Le par  |  12 commentaire(s) Source : Médiapart
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Depuis quelques jours, Instagram est à l'origine d'une vive polémique : le réseau social est critiqué pour la mise en place d'une certaine "prime à la nudité", explications.

Selon une enquête menée par nos confrères de Médiapart, si le réseau Instagram affiche dans ses règlements que la nudité n'est pas sa place sur les profils des utilisateurs, dans les faits, la situation serait bien différente et l'algorithme même du réseau donnerait plus d'espace à celles et ceux qui se découvrent le plus.

Il est plus largement question du module "Shadow Ban" au sein de l'algorithme général qui régule le réseau social. Deux journalistes de MédiaPart, Nicolas Kayser-Bril et Judith Duportail se sont tournés vers les associations European Data Journalism Network et Algorithm Watch pour tenter de comprendre les mécaniques d'Instagram, notamment dans les processus de bannissement des comptes ou de mise en avant de certains profils.

Le "Shadow Ban" est un ban partiel de l'application : lorsque l'algorithme détecte du contenu offensant, obscène ou pornographique, il procède à un shadow ban. Cela implique que le compte n'est plus visible pour les personnes qui ne suivent pas déjà ce dernier. L'enquête des journalistes a montré que d'une part l'algorithme ne répondait pas systématiquement à la nudité, mais qu'en plus, il favorisait parfois certains comptes ayant pourtant pour habitude de transgresser les règles.

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Pour chaque image publiée sur un compte, l'algorithme attribue un "score d'engagement correspondant à la probabilité que tous les utilisateurs ont d'interagir avec un objet multimédia donné". Plus ce score est élevé, plus le contenu obtient de chance de voir sa visibilité mise en avant par Instagram.
Le score est défini en fonction de certains facteurs, la nudité était l'un des critères entrant en jeu... Médiapart explique alors "l'interface de programmation peut évaluer le niveau de nudité des personnes sur une image, en détectant des bandes de couleurs spécifiques, identifiées comme des nuances couleur de peau". Le problème ? Toujours selon Médiapart, la nudité sur les clichés favoriserait largement l'attribution d'un haut score d'engagement...

En clair, partager des photos de nu, dans une certaine limite, permettrait de doper son compte Instagram pour profiter d'une mise en valeur par le réseau social... La "Prime à la nudité" si elle existait, pourrait ainsi faire l'objet d'un travail assez particulier des utilisateurs pour doper leur popularité... C'est justement ce que les journalistes ont testé.

Sur 1 737 publications analysées par Médiapart, "une photo de femme en sous-vêtements ou maillot de bain est montrée 1,6 fois plus qu'une photo d'elle habillée, et pour un homme, ce taux est de 1,3".

Pire encore, si Instagram s'autorise quelques écarts avec ses propres règles et son Shadow Ban, il apparait que seule la nudité profite du système... Dans les faits, le Shadow Ban serait renforcé dans le cas partage de clichés de "personnes handicapées, obèses, racisées ou LGBT ".

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Vos commentaires Page 1 / 2

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Anonyme
Le #2101939
Comment ? Instagram devient un site porno ?

Y en a plein qui vont se secouer le concombre
Le #2101940
Ventbaugh a écrit :

Comment ? Instagram devient un site porno ?

Y en a plein qui vont se secouer le concombre




En même temps, le nombre de meuf qui ne savent se montrer uniquement en maillot de bain avec des duckface est impressionnant ...
Le #2101941
D'ailleurs c'est marrant, mais je suis PERSUADE qu'il n'arriverait à personne d'avoir l'idée de se prendre en photos en maillot de bain, pauses sexy, etc ... sur un site personnel.

Par contre quand c'est pour mettre sur Facebook (au sens de l'entreprise), donc Instragram, la y a grave du monde !
Le #2101945
FRANCKYIV a écrit :

D'ailleurs c'est marrant, mais je suis PERSUADE qu'il n'arriverait à personne d'avoir l'idée de se prendre en photos en maillot de bain, pauses sexy, etc ... sur un site personnel.

Par contre quand c'est pour mettre sur Facebook (au sens de l'entreprise), donc Instragram, la y a grave du monde !


Je me demande franchement ce que font les gens sur ces sites, à part nourrir les IA de photos perso qui ne leur appartiennent même plus, donnant une suprématie à la technologie américaine.
Le #2101949
skynet a écrit :

FRANCKYIV a écrit :

D'ailleurs c'est marrant, mais je suis PERSUADE qu'il n'arriverait à personne d'avoir l'idée de se prendre en photos en maillot de bain, pauses sexy, etc ... sur un site personnel.

Par contre quand c'est pour mettre sur Facebook (au sens de l'entreprise), donc Instragram, la y a grave du monde !


Je me demande franchement ce que font les gens sur ces sites, à part nourrir les IA de photos perso qui ne leur appartiennent même plus, donnant une suprématie à la technologie américaine.


Le tout dit par "skynet". Hmmm.
Le #2101951
OkLeMonde a écrit :

skynet a écrit :

FRANCKYIV a écrit :

D'ailleurs c'est marrant, mais je suis PERSUADE qu'il n'arriverait à personne d'avoir l'idée de se prendre en photos en maillot de bain, pauses sexy, etc ... sur un site personnel.

Par contre quand c'est pour mettre sur Facebook (au sens de l'entreprise), donc Instragram, la y a grave du monde !


Je me demande franchement ce que font les gens sur ces sites, à part nourrir les IA de photos perso qui ne leur appartiennent même plus, donnant une suprématie à la technologie américaine.


Le tout dit par "skynet". Hmmm.



Le #2101955
Je pense que cette analyse est biaisée pour donner l'impression qu'Instagram a codé l'algorithme en ce sens.

Le vrai problème, c'est le cercle vicieux des systèmes de ranking et de follow.
Il y a une très intéressante conférence Ted sur le sujet : https://www.ted.com/talks/eli_pariser_beware_online_filter_bubbles/up-next?language=fr

Au final, oui une photo en maillot de bain d'une influenceuse avec un #bikini va générer des likes, mix de fans qui la trouve radieuse et de voyeurs qui parcourent souvent le #, qui la trouve "bonne", qui ne vont jamais signaler la photo car ils sont contents de la voir (ce qui sera pas le cas si ces utilisateurs trouve ça moche).
Sur le plan mathématique, sans même analyser le contenu de la photo, elles (la photo et l'influenceuse) vont être valorisées sur le réseau car susceptibles de cibler un large public. Ce public reste fidèle à la thématique et participe à sa diffusion (principe même de la viralité)

De fait, on illustre que c'est un moyen de capter l'audience et on invite à faire pareil, augmentant la production de ces contenus, toujours avec un taux de signalement faible.

Mais ça n'a rien de propre à Instagram, la frénésie du burger en IRL, c'est exactement la même chose : comme tout le monde en mange, tous les restos adaptent leur concept pour attirer la clientèle, de fait le produit devient la tendance promue partout (dont Instagram), les gens y sont plus exposés donc en consomment encore plus. C'est pas pour autant qu'il y a un "lobby du burger" qui chapeaute le tout... Même si McDo a participé à démocratiser le produit.
Le #2101958
Je ne suis pour ainsi dire jamais aller sur ce site, donc je vais peut-être dire une bêtise, mais d'après ce que je "sens" autour de moi, il semblerait que ce soit plutôt des jeunes qui sont sur ce site ?
Donc peut-être pour eux un moyen d'exister ?
Le #2101963
MisterDams a écrit :

Je pense que cette analyse est biaisée pour donner l'impression qu'Instagram a codé l'algorithme en ce sens.

Le vrai problème, c'est le cercle vicieux des systèmes de ranking et de follow.
Il y a une très intéressante conférence Ted sur le sujet : https://www.ted.com/talks/eli_pariser_beware_online_filter_bubbles/up-next?language=fr

Au final, oui une photo en maillot de bain d'une influenceuse avec un #bikini va générer des likes, mix de fans qui la trouve radieuse et de voyeurs qui parcourent souvent le #, qui la trouve "bonne", qui ne vont jamais signaler la photo car ils sont contents de la voir (ce qui sera pas le cas si ces utilisateurs trouve ça moche).
Sur le plan mathématique, sans même analyser le contenu de la photo, elles (la photo et l'influenceuse) vont être valorisées sur le réseau car susceptibles de cibler un large public. Ce public reste fidèle à la thématique et participe à sa diffusion (principe même de la viralité

De fait, on illustre que c'est un moyen de capter l'audience et on invite à faire pareil, augmentant la production de ces contenus, toujours avec un taux de signalement faible.

Mais ça n'a rien de propre à Instagram, la frénésie du burger en IRL, c'est exactement la même chose : comme tout le monde en mange, tous les restos adaptent leur concept pour attirer la clientèle, de fait le produit devient la tendance promue partout (dont Instagram), les gens y sont plus exposés donc en consomment encore plus. C'est pas pour autant qu'il y a un "lobby du burger" qui chapeaute le tout... Même si McDo a participé à démocratiser le produit.


Belle analyse
Le #2101964
saepho a écrit :

Je ne suis pour ainsi dire jamais aller sur ce site, donc je vais peut-être dire une bêtise, mais d'après ce que je "sens" autour de moi, il semblerait que ce soit plutôt des jeunes qui sont sur ce site ?
Donc peut-être pour eux un moyen d'exister ?


Je pense, oui...
Mais ces même jeunes qui se montrent "à poil" sur ces réseaux, dévoilant un maximum seront les premiers à refuser d'installer une appli sanitaire pour risque sur la confidentialité
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