Elections Présidentielles 2012 : le Web au service des candidats

Le par Nathalie M.  |  0 commentaire(s)
presidentielle_2012.

Les affiches officielles des candidats ont commencé à être encollées à proximité des bureaux de vote. Les programmes de chacun seront envoyés à tous les électeurs par la poste. Mais à l'heure d'Internet et des nouvelles technologies, ces supports traditionnels ont-ils encore raison d'être ? Tous les candidats aspirants à devenir Président de la République Française aujourd'hui usent du Web et des nouveaux outils de communication pour accentuer leur popularité, s'afficher, se montrer omniprésents, partout, quitte à susciter l'overdose. Tour d'horizon.

Ils sont partout !

La radio, la télévision, les journaux, étaient hier les principaux moyens pour les candidats de s'exprimer, de se montrer aux Français. Quant au contact direct avec le public, les meetings et autres visites sur le terrain suffisaient. Aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, les candidats ont trouvé encore un autre moyen d'expression. Les outils du Web, les réseaux sociaux, les applications mobiles, sont autant de nouveautés dont les candidats n'hésitent plus à user. Ils sont donc partout, la politique est entrée à grands bruits dans l'univers des nouvelles technologies. Difficile désormais de ne plus passer au travers d'une campagne présidentielle. A quand une campagne SMS qui nous alertera qu'il faut aller voter ? A quand d'ailleurs le vote en ligne ? Finalement, avec l'utilisation des outils du Web et du monde High tech, les bureaux de vote, les registres, l'urne, semblent bien archaïques. Mais il n'est pas temps pour les candidats de réformer la façon de voter, mais d'être bel et bien le plus visible, le plus actif, le plus moderne aussi, sur la toile, mobiles, tablettes, tout ce qui peut vous connecter à Internet.

Candidats elections 2012



Twitter, le grand gagnant de la campagne 2012

Twitter avait déjà fait son entrée chez les politiques bien avant la campagne. On se souvient tous des twitts plus ou moins glorieux de Nadine Moarano. Aujourd'hui, Twitter est devenu un outil de campagne à part entière et les candidats ont tous les propres pages et un nombre de followers plus ou moins important. L'actualité électorale bat son plein sur le réseau du petit oiseau bleu. Les plus passionnés pourront se rendre sur ElyseeTweet, créé par l'agence Ebuzzing, qui recense absolument tous les twitts des utilisateurs concernant la campagne pour les présidentielles. En somme, si vous ne voulez rien manquer de cette actualité, vous trouverez sur ce site toutes les dernières informations issues de différentes sources, twittées par n'importe quel membre du réseau, mais aussi les twitts réguliers des candidats eux-mêmes (comprendre le Twitter de l'équipe). Il est également possible de s'intéresser uniquement à un candidat en particulier grâce au filtre mis en place. Les célébrités (plus ou moins connues) iront même de leur propre lien. Le site se veut ultra complet et finalement, pourrait suffire à ceux qui souhaitent s'informer, sans avoir à lire des pages et des pages de programmes ou à regarder un débat télé.

ElyseeTweet

Autre site amusant et plus léger, concernant toujours Twitter, Bubble-T. En temps réel, le site mesure la popularité de chaque candidat en envoyant dans chaque panier, des "bubble". Plus il y en a et plus le candidat est populaire. Il va de soi que le site s'accorde avec l'actualité et que tous les candidats seront plus ou moins populaires en fonction de leur présence récente à la télévision, ou d'une tirade proférée suscitant le buzz.

Bubble-T

Twitter est sans doute LE réseau social de cette campagne présidentielle 2012. Nicolas Sarkozy a été le premier a ouvrir le bal, les médias ont d'ailleurs beaucoup relayé l'information en février dernier. Si l'équipe du président sortant semble être à l'aise avec l'outil, d'autres candidats peinent à s'y imposer. Hollande et ses petites mains semblent aussi gérer Twitter avec pertinence, mais il n'en va pas de même pour Philippe Poutou ou encore Nathalie Arthaud. On ne peut pas dire non plus que les candidats en tête de file et ces deux bons derniers ont les mêmes moyens financiers pour alimenter leur campagne. A l'heure actuelle, c'est-à-dire en date du 12 avril 2012, le classement des candidats les plus suivis par les utilisateurs crée la surprise. Mais il n'est pas réalisé dans le but de soustraire une tendance électorale et un résultat final des élections. De nombreux électeurs ne s'intéressent pas à Twitter, et on ne s'est pas non plus interrogé sur l'activité des comptes de chacun.

  1. François Hollande : 221 790 abonnés
  2. Nicolas Sarkozy : 153 245 abonnés
  3. François Bayrou : 99 139 abonnés
  4. Marine Le Pen : 59 363 abonnés
  5. Eva Joly : 54 080 abonnés
  6. Jean-Luc Mélanchon : 50 001 abonnés
  7. Nicolas Dupont-Aignan : 20 344 abonnés
  8. Philippe Poutou : 8 265 abonnés
  9. Nathalie Arthaud : 1 741 abonnés
  10. Jacques Cheminade : 1 551 abonnés

Pendant toute la campagne, les candidats n'ont de cesse de 'twitter" sur l'actualité. Puisqu'ils n'ont pas le droit de s'exprimer n'importe quand dans les médias traditionnels, restrictions du CSA oblige, Twitter est leur référence de prédilection. L'affaire Merah en est d'ailleurs la parfaite illustration.

La visibilité sur Twitter est le principal objectif des candidats. Au-delà du nombre d'abonnés, et même s'il est glorieux d'en disposer le plus grand nombre, c'est surtout sur la popularité que les présidentiables se basent. Et cette fois, c'est Nicolas Sarkozy et François Hollande qui se révèlent les plus actifs, les plus présents, les plus visibles quant à leur programme. Le site Atlantico s'est intéressé, le 10 avril dernier, à la situation de chaque candidat sur Twitter et a procédé à quelques graphiques, pour juger pleinement de la popularité des candidats.

"Nicolas Sarkozy toujours en tête de nos deux classements de visibilité, recule cependant de 4 points sur Twitter (32%). François Hollande de nouveau en seconde position, progresse toutefois dans les deux types de médias (+ 3 points sur Twitter 22,7%. Jean-Luc Mélenchon (15,1%) et François Bayrou (15,2%) progressent tous deux d’1 point et continuent à se talonner. Ils sont suivis par Marine Le Pen (6,1%) qui recule d’1 point, puis d’Eva Joly (5,8%) qui progresse de 2 points, Nicolas Dupont-Aignan (1,5%), Philippe Poutou (0,6%), Jacques Cheminade (0,5%) et Nathalie Arthaud (0,5%)."

Classement Twitter candidats atlantico.fr (1) Classement Twitter candidats atlantico.fr (2)



Quand Facebook devient lieu de débat

Si Twitter semble tirer son épingle du jeu, Facebook n'est pas pour autant placer au rebut. Tous les candidats disposent de leur page et regroupent un nombre plus ou moins important de "j'aime", c'est-à-dire d'utilisateurs suivant l'actualité du candidat. Puisque Twitter a eu droit à son classement, Facebook permet de connaître là aussi la popularité de chacun parmi, il faut le rappeler, une partie des électeurs connectés au réseau social. En surfant d'ailleurs sur les pages de tous les candidats, il est amusant de remarquer que la Timeline est utilisée judicieusement, mais pas pour tous visiblement, et que l'image de couverture fait parfois preuve d'originalité.

Classement des candidats sur Facebook en fonction du nombre de "j'aime" au 13 avril 2012 :

  1. Nicolas Sarkozy : 597 824
  2. François Hollande : 83 225
  3. Jean-Luc Mélanchon : 73 203
  4. Marine Le Pen : 54 606
  5. François Bayrou : 28 501
  6. Eva Joly : 20 722
  7. Nicolas Dupont-Aignan : 11 130
  8. Philippe Poutou : 2 702
  9. Nathalie Arthaud : 822
  10. Jacques Cheminade : 567

Poutou Facebook Hollande Facebook

La grosse avancée de Nicolas Sarkozy en terme de fans a suscité à l'époque une polémique. Le site de l'Elysée renvoyait directement sur la page Facebook du candidat. Une situation que le PS a montré du doigt en stipulant que : "Les moyens du site Internet de l'Elysée sont mis au service du futur candidat de l'UMP.  […]  Les outils mis en place par le demi-million d'euros annuel du budget du service Internet de l'Élysée, payés par le contribuable, ne sont pas destinés à aider le candidat sortant." La page de Nicolas Sarkozy aurait ainsi bénéficié d'une certaine avance sur les autres candidats. Débat stérile mais intéressant, cette polémique sur Facebook a au moins révélé que le réseau faisait partie, à part entière, des outils de campagne des candidats.

Sarkozy Facebook Mélenchon facebook

Facebook est donc, comme Twitter, une vitrine pour les candidats, du moins pour une partie qui savent comment utiliser et gérer aux mieux ces réseaux, en les alimentant et en les rendant dynamique, à l'image du candidat.

Les équipes des différents candidats dédiées aux réseaux sociaux se battent pour être celui qui aura le plus d'impact et de lisibilité. A ce jeu Jean-Luc Mélenchon était assez bien placé en mars dernier, comme en témoigne l'infographie ci-dessous (délivrée par SocialBakers). Une infographie qui résume relativement bien les mots et attitudes de chacun, leur technique pour se mettre en valeur et pour briller sur Facebook.

candidats et facebook

Mais Facebook est aussi un outil vers lequel se tournent les chaînes de télévision pour organiser leur débat. Aussi, France 2, qui prépare un grand débat national le 16 avril prochain, sollicite les utilisateurs du réseau pour recevoir leurs questions. Le débat aura lieu dans le cadre de l'émission Mots Croisés (16 avril, 22h50 France 2) et les Internautes pourront réagir en direct. L'émission dispose de sa propre page et il vous est d'ores et déjà possible de poser votre question, au candidat de votre choix, sur le mur. Intégrer l'outil facebook dans un débat électoral sera une grande première en Europe. A cette occasion d'ailleurs, si vous ne disposez d'aucun poste de télévision pour regarder l'émission, ce dernier sera retransmis en direct sur Facebook. Cette pratique restera assez encadrée, toutes les questions ne seront pas posées. Il n'est pas pour le moment question de proposer une émission entière aux utilisateurs de Facebook. Seule 1 question par candidats, soit 10 questions seront retenues par l'équipe de Mots Croisés. Pour rappel, Nicolas Sarkozy et François Hollande seront représentés, les deux candidats ayant refusé de participer au débat.



Le Net aussi important que les médias traditionnels ?

Internet a pris, pour cette élection en particulier, un peu plus d'ampleur que celle de 2007. Les réseaux sociaux sont exploités comme il se doit, les chaînes de télévision, les journaux et les radios mêmes, investissent l'espace de la toile par le biais de leur site. Europre1.fr vous propose de suivre la campagne présidentielle 2012 "minute par minute", Dailymotion répertorie toutes les vidéos plus ou moins sérieuses liées à la campagne, et nombreux sont les sites à avoir créé un onglet spécial pour l'évènement, créé des applications pour suivre, au plus près, ces prochaines élections.

De façon très banale désormais, les candidats disposent toujours d'un site officiel de campagne, dont les différentes audiences se révèlent sans doute bien plus significatives que les "Followers" et autres "j'aime" des réseaux sociaux. C'est ici le lieu d'exposition des candidats, de leur programme, et ces sites se doivent d'être clairs, accessibles, agréables à l'oeil et correspondre aux attentes de ce qu'un site Web doit être au XXIe siècle. Là encore, les moyens ne sont pas les mêmes partout. Une nouvelle infographie (Digimind) propose entre autre de découvrir quel candidat dispose de son site le plus actif en terme de visite. Ainsi qu'une information très intéressante : le budget alloué par chaque candidat pour sa campagne sur le Web. Sans surprises, Nicolas Sarkozy aura investi le plus, suivi de près par François Hollande. Jean-Luc Mélenchon est bon dernier, mais l'audience de son site est tout de même placée en deuxième position sur les dix candidats...

Top-Candidat-Net-s

Il y aurait pu même avoir un débat entre les dix candidats diffusés en direct sur Internet. Mais si la grande majorité ont accepté le concept, les deux favoris, encore une fois, ont décliné l'offre. A l'initiative du site Europe1.fr, Yahoo, le Parisien.fr et du NouvelObs.com, entre autres, cette rencontre proposait aux participants de débattre sans contraintes de temps, en toute liberté, sans contraintes du CSA. Des journalistes seraient tout de même présents pour guider le débat et les Internautes pourraient alors briller par leur question. A l'heure actuelle, on ne sait si le débat aura bel et bien lieu. Mais l'initiative pourrait offrir une alternative aux éternels échanges télés, guidés par les mêmes journalistes, répondant à des codes sans doute usés. Aujourd'hui, les services politiques de toutes les chaînes essaient de faire intervenir le public, comme l'a fait TF1 en plaçant des électeurs en face d'un candidat. L'électorat compte une grande partie de 18-35 ans adeptes du Web. Et pour les toucher, les mobiliser, il faut savoir aussi utiliser les outils dont ils usent à longueur de temps.

D'ailleurs, le langage des politiques s'adaptent à celui du Web. Une petite anecdote révélée sur LaVoixduNord.fr, explique que les équipes de Nicolas Sarkozy ont "tâclé" le candidat socialiste et son slogan. Ces derniers l'ont transformé en "Le 404 c'est maintenant", en référence à la célèbre erreur 404.

Internet toujours avec cet outil orchestré par le Cevipof (Centre d'étude de la vie politique française), Ouest-France, RTL et M6 et mis en ligne sur le site 20minutes.fr, la Boussolle Présidentielle. Vous oscillez entre plusieurs candidats, aucun ne vous convainc franchement ? L'outil vous propose simplement de répondre à quelques questions en rapport aux différents programmes de chacun. En fonction de vos réponses, une sorte de test en quelque sorte, vous découvrirez comment vous vous positionnez dans le paysage politique.

Si Internet reste encore l'apanage des plus gros candidats, il n'existe plus aucun doute sur le fait que, de plus en plus et à chaque nouvelle campagne présidentielle, le Web sera exploité avec les outils du moment. Et les candidats devront tous se faire à cette nouvelle approche.



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