Le Web n'est plus mondial. Quelles conséquences pour les Européens ?

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L'Internet est devenu un espace critique pour les échanges commerciaux mondiaux mais aussi une zone d'affrontement et de guerre. Le cyberespace va-t-il être entrecoupé de frontières ?Explications.

Tribune Libre par Jean-Noël de Galzain, Président d'HEXATRUST

Remarque : les propos tenus ici n'engagent pas la rédaction de GNT mais constituent un avis éclairé de la part d'un expert dans son domaine que nous avons jugé opportun de vous faire partager. Il ne s'agit pas d'un article promotionnel, aucun lien financier ou autre n'existant entre cette société et GNT, le seul intérêt étant de vous apporter un éclairage intéressant sur un domaine particulier.

Le destin d'Internet ressemble, on le sait, à celui des océans. Tous les deux ont commencé comme un espace de liberté et d'anarchie. Petit à petit, des zones d'exclusivité, des barrières et des restrictions sont apparues mais elles ne concernaient que des espaces précis. Depuis quelques années l'Internet a atteint le stade suivant en devenant non seulement un espace critique pour les échanges commerciaux mondiaux mais aussi, une zone d'affrontement et de guerre plus ou moins larvée, dans laquelle les opérateurs marchands et industriels et leurs gouvernements doivent faire face aux agressions d'un nombre croissant d'acteurs pas toujours privés, justement qualifiés de « pirates ».

Avec la décision de Google de se plier aux demandes de l'Etat Américain de ne plus collaborer avec Huawei, même si ces dernières semblent s'assouplir, une nouvelle étape a été franchie. Selon un modèle bien établi dans l'histoire, une puissance technologiquement avancée utilise sa technologie et sa position forte pour améliorer son influence dans un espace stratégique et affaiblir ou écarter ses rivaux. Ce passage à l'acte attendu va avoir des conséquences profondes.

La première réaction à attendre est une course aux armements. Les rivaux de l'Amérique vont vouloir se doter de ce dont les Etats-Unis leur restreignent l'accès. Pour financer ces développements, l'investissement étatique et l'export sont souvent vitaux. Ici intervient donc la seconde conséquence : la création de sphères d'influences au sein de l'Internet. Au temps de la guerre froide, les pays de l'Est s'équipaient « soviétique ». Demain les pays cyberalignés sur les Etats-Unis auront des cœurs de réseau Américain.

Le cyberespace va-t-il être entrecoupé de frontières ? L'ancien patron de Google, Eric Schmidt, prédisait en 2018 un internet scindé en deux, l'un chinois et l'autre américain. Aujourd'hui nous y sommes ! En revanche on commence à voir s'y dessiner une troisième zone : une sphère occidentale, une sphère chinoise et un ensemble disparate de pays tiers revendiquant eux aussi une part de l'action (France, Russie, Japon, Corée du Nord….) Dans cette recomposition la place des Européens est incertaine. Nous avons opté en 2018, avec le RGPD, pour un internet « privacy by design » capable de garantir et respecter la protection des données personnelles, et de l'introduire dans la constitution comme une garantie de notre liberté individuelle. Cette souveraineté est le vecteur de notre modèle civilisationnel dans le numérique. Sommes-nous capables d'en faire un standard mondial ?

Aujourd'hui, nous avons des choix à faire, avec des enjeux majeurs. Nous pouvons soit rester les vassaux d'une grande sphère occidentale en restant les utilisateurs d'une industrie informatique qui n'est pas la nôtre, soit poursuivre et fédérer autour de notre propre norme pour véhiculer les savoir-faire européens auprès de nos alliés numériques. C'est déjà le cas avec le Japon reconnu aux yeux de la commission comme ayant «un niveau de protection adéquat» au RGPD ; ou encore la Californie, pourtant siège des géants de la Tech qui se dote du CCPA -California Consumer Privacy Act- en vigueur pour le 1er janvier 2020.

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En l'état, avec le Cloud Act notamment, intégrer la sphère américaine reviendrait à accepter la suprématie du droit américain sur le nôtre en matière de droit des consommateurs et à perdre peu à peu le contrôle de nos communications et nos données.

Définir une sphère Européenne permettrait au contraire de porter haut les valeurs qui sont les nôtres, de protéger la vie digitale de nos concitoyens et de nos entreprises, de pouvoir faire confiance à la compétence des tribunaux de nos pays avec de réels moyens d'action, de faire respecter nos exigences en matière d'environnement, de consommation énergétique ou de dumping social enfin à développer nos entreprises pour créer des emplois industriels.

Il est probable dans ce cas que les GAFAM ne voudront pas se couper du marché européen après le marché Chinois, et encore moins nous voir nous rapprocher de ces derniers.. Il y a donc peu de risques que les Etats-Unis s'enferment dans un isolement numérique, c'est donc à nous de définir les modalités de cette future collaboration. Nous avons aujourd'hui les capacités technologique et financière d'être autonomes avec l'industrie, la recherche et les logiciels libres. Nous disposons par ailleurs des infrastructures nécessaires y compris en matière de localisation grâce à Galileo.

L'arrivée d'une nouvelle commission, suite aux élections, est une occasion unique pour l'Europe de se donner une ambition en matière d'influence au sein de l'Internet. Il est temps que la France porte cette ambition auprès de ses alliés Européens pour éviter de ne plus pouvoir un jour prendre nos propres décisions.

Il est temps de proposer une autre voie dans le numérique : celle d'un Continent Numérique de Confiance. Celui-ci regrouperait des espaces numériques à l'abri des lois extraterritoriales de type Cloud Act ou équivalent, avec un respect total de la protection des données personnelles et la transparence que nous devons aux utilisateurs et à nos enfants. Il s'agit de se mettre également à l'abri des monstres portés par l'hyper mercantilisation des données tels que l'affaire Cambridge Analytica / Facebook ou la démocratisation du social ranking en Chine qui à eux seuls laissent entrevoir le fameux « Big Brother is watching you » décrit par Georges Orwell dans 1984.

L'Europe a ouvert la voie avec le RGPD, à nous d'en faire un standard mondial.

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Vos commentaires

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Le #2070886
De toute façon les frontières numériques sont déjà là puisqu’une IP européenne ne peut pas avoir accès à des contenue américain jugée violent sexuellement offensant par le bien pensée européen,donc qui censure qui ???
Le #2070905
L'europe : Bla bla bla ......
Le #2070907
Jeanlucesi a écrit :

L'europe : Bla bla bla ......


Oui, et heureusement, ils agissent !
Sans elle, nous serions dans la mouise, et on peut être content qu'un organisme puissant puisse être capable de nous défendre !
Le #2070908
"L'Europe a ouvert la voie avec le RGPD" =>pas tout a fait, la France et l'Allemagne ont ouvert la voie au niveau nationale, les US ont été plus rapide que nous pour établir des lois adaptées aux contextes actuelles. Le RGPD, bien qu'apportant une sécurité centré sur l'Europe et ces citoyen a améliorer un model US existant.

Par contre, oui il a redonné un élan avec l'élaboration d'une directive équivalente en Chine puis dans l'Union des nations Africaines, toutes deux réalisées en "réponse" au RGPD.
Le #2071052
iinconnu a écrit :

"L'Europe a ouvert la voie avec le RGPD" =>pas tout a fait, la France et l'Allemagne ont ouvert la voie au niveau nationale, les US ont été plus rapide que nous pour établir des lois adaptées aux contextes actuelles. Le RGPD, bien qu'apportant une sécurité centré sur l'Europe et ces citoyen a améliorer un model US existant.

Par contre, oui il a redonné un élan avec l'élaboration d'une directive équivalente en Chine puis dans l'Union des nations Africaines, toutes deux réalisées en "réponse" au RGPD.


Quand on ne sait pas, on évite de dire des énormités...
Le #2071967
Arretez d'etre aussi credule ... vous croyez vraiment que vos données sont d'ordre privé ?? Le monde entier (et même en France) se font du pognons avec vos données, pourquoi essayeraient ils d'arreter cela ? Surtout si ca ne leur rapporte rien en retour ??? Le monde est gouverner par trois choses, l'argent, le sexe et le pouvoir.

Leur volonté de vous "proteger" est un leur, le but est plutot de vous brider. Les empecher de s'approprier vos données en faisant un reseau parallele ? Ou juste vous couper du "camp" d'en face ? Regardez l'histoire de nos 50 dernieres années, rien a été fait a perte en faveur du peuple, mais toujours en faveur des "puissants".

"La Russie c'est le mal", "La corée du nord c'est le mal", "La palestine c'est le mal", etc ... et pourtant ceux qui vous disent ca sont les pires assassins du monde ... regardez les vidéos recentes sur la corée du nord (par exemple) ca n'a rien a voir avec ce qu'ils vous disent. Israel et la palestine, allez voir sur le net, le mechant n'est peut être pas ce qu'on vous dit ...

Si leur but était d'améliorer le monde et la vie du peuple, alors que la france arrete avec le Franc CFA pour laisser l’Afrique se relever, que la france arrete de laisser ses "alliers" detruire des pays pour le pouvoir et l'argent. Que la france respecte le choix de son peuple en sortant de l'europe (vote du peuple non a 51% mais on y est quand même). Que la france arrete d'appauvrir le peuple en se foutant de sa tronche. "Pour le peuple, par le peuple" sauf qu'on ne demande pu au peuple et que ce n'est JAMAIS dans son interet ...

Alors arretez de croire se genre de connerie, l’État ne fait pas ca pour vous mais juste une course au verouillage des données, pas pour vous protéger mais pour brider les autres et donc vous au passage.

La Chine le fait depuis des décennies, elle a toujours été critiqué pour ca et on commence a faire le même, mais le tout enrobé de belles phrases ca passe toujours mieux ...
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