Applications mobiles : vers la saturation du modèle économique ?

Le par  |  2 commentaire(s) Source : Financial Times
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Prédit depuis plusieurs années, le plateau des ventes d'applications sur les portails prépare-t-il à une nouvelle phase dans le modèle économique des applications mobiles ?

La croissance et le succès des smartphones s'est en bonne partie joué sur un ingrédient essentiel : les applications mobiles, qui ont à la fois incité les consommateurs à s'équiper et ont créé des dépendances vis à vis des écosystèmes.

applications appstore A l'heure où les plus gros portails totalisent plus d'un million d'applications chacun, la difficulté est devenue celle d'une offre trop abondante, rendant difficile la visibilité des créations des développeurs sans un gros effort marketing ou un coup de pouce viral sur les réseaux sociaux.

Mais cette croissance effrénée va peut-être bientôt montrer ses limites. Avec les premiers effets de saturation des marchés, la progression du marché des applications mobiles pourrait atteindre bientôt un plateau, peut-être accéléré par les nouveaux modèles économiques.

Pire, une étude du cabinet Deloitte reprise par le Financial Times suggère que les consommateurs sont moins friands d'applications, passé un temps de découverte initial, au point que près d'un tiers des possesseurs de smartphones ne téléchargent aucune application chaque mois.

Google-Play-application-Apple-faux Une enquête menée au Royaume-Uni suggère que le volume mensuel de téléchargements d'applications a fortement régressé sur 2014, suggérant que le volume maximum de téléchargements est approché sur les marchés où la saturation des ventes de smartphones a commencé à se manifester.

Le modèle Freemium a déjà conditionné les utilisateurs à ne pas dépenser leur argent en achat direct d'applications, la monétisation se faisant sur la publicité mobile affichée et sur les achats in-app de biens virtuels ou de déblocage de fonctions ou de niveaux mais ce modèle économique a besoin de recruter constamment de nouveaux joueurs.

La rentabilité du secteur à moyen terme pour les éditeurs est donc une question en suspens, notamment pour les développeurs indépendants qui n'ont pas de gros moyens marketing ou la possibilité de faire émerger leurs applications par des moyens artificiels, au risque de créer un effet longue traîne comme dans le secteur de la musique où seules quelques grosses majors captent l'essentiel des bénéfices tandis que la grande majorité des acteurs doit se contenter des miettes.

Or l'épreuve du temps suggère que la longue traîne, dont le modèle prédit que les petits acteurs peuvent survivre dans une économie numérique, crée surtout toujours plus de profit pour les plus gros acteurs, tandis que les plus petits doivent se contenter d'une part qui se réduit avec le temps.

Ce ralentissement du nombre de téléchargements est aussi le fait d'une démocratisation des appareils mobiles. Les nouveaux utilisateurs s'équipent plus par commodité que par envie et sont moins enclins à télécharger des applications et à tirer parti de l'ensemble des fonctionnalités de leur téléphone portable.

Par ailleurs, le marché des applications est maintenant bien établi et les applications indispensables sont largement identifiées, quand elles ne sont pas déjà pré-installées sur l'appareil, créant moins d'incitation pour en découvrir de nouvelles.

D'où les efforts réguliers des éditeurs de plates-formes pour améliorer les moteurs de découverte et de recommandation des applications mobiles de leur portail, qui sont autant une nécessité pour conduire l'utilisateur à en télécharger de nouvelles qu'un moyen de conserver l'intérêt des développeurs en facilitant la découverte de leurs créations.

Complément d'information
  • Dossier application mobile :  le portail BNP Paribas
    Les institutions bancaires s'intéressent de plus en plus au téléphone mobile comme moyen de communication direct avec leurs clients, mais aussi comme outil de séduction. Le portail mobile BNP Paribas joue sur ces deux tableaux.

Vos commentaires

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Le #1805339
Quand on a installé les applis qui conviennent, on ne va pas continuer à installer n'importe quoi juste pour le plaisir. Ce n'est pas la taille de la boite qui compte, c'est la qualité de l'appli et la c'est souvent de la merde que l'on désinstalle immédiatement. Si on ajoute les droits demandées, il y a beaucoup de pure foutage de gueule et ce n'est pas étonnant que les gens se méfient surtout que le payant n'est pas souvent mieux que le gratuit. On n'est plus non plus à l'époque de Windows ou quand on avait acheté, on devait s'adapter, maintenant une appli n'a que quelques secondes pour convaincre ou passer à la poubelle et ça certains ne l'ont pas encore compris.
Le #1805483
En fait, ce problème de saturation concerne surtout GooglePlay, bien plus que les plateformes qui exercent d’avantage de contrôle des contenus. On peut cependant constater que beaucoup d’applications à public restreint ou local gagneraient à être diffusées uniquement en direct (par code QR ou redirection) plutôt que d’être noyées au milieu de centaines d’autres répondant plus ou moins aux mêmes mots clefs. Les plateformes profitent certainement de ce manque d’arbitrage des éditeurs (puisque les comptes développeurs sont payants) mais pas les utilisateurs qui ont de plus en plus de mal à faire le tri.
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Anonyme
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