
En
novembre 2006, l'
Assemblée nationale annonçait qu'elle passerait les postes dédiés aux députés sous
GNU/Linux et divers logiciels libres. Cette décision avait été prise suite à une enquête demandée par plusieurs députés. Celle-ci avait révélé que les besoins des députés pouvaient être couverts par le libre et que cette migration amènerait à des
économies non négligeables, malgré le coût prévu de la mise en place de ces ordinateurs et systèmes.
Après un appel d'offre lancé fin 2006, Linagora et Unilog avaient
remporté le marché. Le système installé allait être une distribution
Ubuntu avec les logiciels suivants : le navigateur
Firefox 2, le client de messagerie
Thunderbird et son extension d'agenda
Lightning, et enfin
OpenOffice.org 2.0. Le marché comprenait l'installation, le support technique, la maintenance et la formation. La mise en place a été effectuée en juillet dernier, il y a maintenant quasiment un an.
Des députés globalement satisfaitsEn dehors de l'économie de quelque
500 000 euros, les députés interrogés par
CIO Online semblent s'être
bien adaptés à leur nouvel environnement. Pour l'utilisation qu'ils en font, c'est-à-dire essentiellement bureautique et Internet, ils trouvent en général leurs postes appropriés. Certains mettent en avant des questions de sécurité mais aussi d'
interopérabilité, d'ouverture du nouveau système.
Le bilan n'est cependant pas entièrement positif puisque certains députés reconnaissent avoir eu des
problèmes matériels, notamment de synchronisation entre leurs
PDAs et les postes de l'Assemblée. Ceux-ci ont été depuis résolus mais certains ont dû investir dans l'achat d'un PDA compatible. Rappelons que cette migration a été avant tout
symbolique puisque ne concernant que quelque centaines de postes. Cependant, l'APRIL, association pour la promotion et la recherche en informatique libre, se réjouit de ce premier bilan et commente : "
Ils [les députés] encouragent les acteurs français d'un secteur économique prometteur, promeuvent l'interopérabilité et ouvrent la voie à d'autres migrations ".
Selon l'association, "
malgré des délais très courts et un rythme de travail soutenu, les députés et leurs assistants se sont aisément adaptés à leur nouvel environnement. Cela montre que les logiciels libres sont indubitablement prêts pour le poste de travail, tant en entreprise que pour le grand public ". Plusieurs
vidéos de députés interrogés et leurs transcriptions textuelles sont disponibles sur le site de l'
APRIL.
Ce point de vue de la part d'une association en faveur du logiciel libre semble confirmé par la
dernière génération de distributions GNU/Linux, telles Ubuntu 8.04, Mandriva Spring 2008, OpenSUSE
11 ou encore Fedora 9, qui représentent des systèmes
accessibles y compris aux débutants en informatique.