Des chercheurs italiens viennent de mettre au jour une connexion surprenante entre l'ADN des populations de chasseurs-cueilleurs de l'âge de glace et les "super-seniors" d'aujourd'hui. En analysant le génome de plus de 300 centenaires, une équipe de l'Université de Bologne, dirigée par la professeure Cristina Giuliani, a identifié une signature génétique spécifique.
Cette découverte suggère que notre capacité à vieillir en bonne santé pourrait être, en partie, un héritage direct de nos ancêtres les plus lointains.
Quel est ce lien génétique découvert en Italie ?
Le patrimoine génétique en Italie est un véritable carrefour de migrations anciennes. Il contient des traces de fermiers du Néolithique, de pasteurs de l'âge du Bronze et, surtout, de chasseurs-cueilleurs d'Europe occidentale (WHG), dont un groupe connu sous le nom de cluster de Villabruna, datant d'environ 14 000 ans.
L'étude a comparé le génome de 333 centenaires à celui de 690 personnes plus jeunes servant de groupe de contrôle. Le résultat est étonnant : les individus atteignant 100 ans et plus présentent une proportion significativement plus élevée de gènes issus de ces chasseurs-cueilleurs. C'est la première fois qu'un lien aussi direct est établi entre cet héritage ancestral et une espérance de vie hors norme.
Pourquoi cet ADN ancien favoriserait-il la longévité ?
L'hypothèse des scientifiques est fascinante. Après la dernière période glaciaire, le climat s'est réchauffé, exposant les populations à de nouveaux pathogènes. Les gènes développés par les chasseurs-cueilleurs pour combattre ces infections, forgés par des hivers rudes et une nourriture rare, auraient alors pu devenir un avantage majeur pour la survie.
Aujourd'hui, ces mêmes variantes génétiques pourraient jouer un rôle protecteur contre l'inflammation chronique de bas grade, un phénomène baptisé "inflammaging" qui accélère le vieillissement et favorise les maladies cardiaques ou le diabète. En somme, une adaptation de survie préhistorique serait devenue une clé de la longévité dans notre environnement moderne.
Quelles sont les implications de cette recherche ?
Cette découverte ouvre une nouvelle voie dans l'étude du vieillissement. Plutôt que de chercher un unique "gène de la jeunesse", les chercheurs se tournent désormais vers l'analyse des anciens génomes pour comprendre les mécanismes complexes de la résilience corporelle face aux agressions du temps.
Bien sûr, la génétique n'explique pas tout. Le mode de vie, l'alimentation et l'environnement restent des facteurs cruciaux. Cependant, comprendre comment des variantes génétiques anciennes modulent notre système immunitaire pourrait, à terme, déboucher sur de nouvelles stratégies pour vieillir en meilleure santé, et ce, pour l'ensemble de la population.
Foire Aux Questions (FAQ)
Tout le monde peut-il avoir cet ADN de chasseur-cueilleur ?
Cet héritage génétique est présent chez de très nombreux Européens, mais sa concentration varie fortement selon les régions. L'étude s'est concentrée sur la population en Italie, connue pour son riche et complexe brassage génétique au fil des millénaires, ce qui en fait un terrain d'étude idéal.
Est-ce que cela signifie que mon ADN détermine mon espérance de vie ?
Non, pas directement. L'ADN est une pièce importante du puzzle, créant des prédispositions. Cependant, votre mode de vie, votre alimentation, votre niveau de stress et votre environnement ont un impact majeur et direct sur votre santé et votre espérance de vie.
Les femmes sont-elles plus concernées par ce phénomène ?
Oui, l'étude a noté que ce lien génétique était particulièrement prononcé chez les femmes centenaires, qui sont de toute façon statistiquement plus nombreuses à atteindre des âges extrêmes. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si cela est dû à des facteurs biologiques spécifiques ou simplement à la taille de l'échantillon étudié.