Engagé dans un projet à plus de 10 milliards de dollars pour concurrencer le service Starlink de SpaceX avec Amazon Leo, Amazon sollicite la Federal Communications Commission (FCC) pour obtenir une extension de délai. Le groupe admet qu'il ne pourra pas respecter l'échéance de juillet 2026, qui lui imposait d'avoir mis en orbite la moitié de sa constellation de 3 236 satellites.

Pourquoi Amazon ne peut-il pas tenir ses délais ?

La principale raison invoquée par Amazon est une pénurie de disponibilité à court terme de lanceurs. Dans son dossier, la société explique que les retards ne sont pas de son fait, citant des " perturbations de fabrication, la défaillance et l'immobilisation de nouveaux lanceurs, et les limitations de capacité des bases de lancement ".

Bien qu'Amazon ait réservé plus de 100 lancements auprès de partenaires comme Arianespace (Ariane 6), Blue Origin et même SpaceX, ces derniers ont eux-mêmes accumulé des retards.

Amazon affirme produire les satellites " considérablement plus vite que d'autres ne peuvent les lancer " et a dû ajuster son rythme de production, stockant des centaines d'unités prêtes au départ.

L'entreprise reconnaît également qu'un " remaniement inattendu pour améliorer les performances et la fiabilité " de ses prototypes a retardé la fabrication à grande échelle d'environ neuf mois.

Quelle est l'ampleur du retard et quelles sont les conséquences ?

À ce jour, seulement 180 satellites Amazon Leo sont en orbite sur les près de 1 600 requis pour l'échéance de mi-2026, et la société estime qu'elle n'en aura déployé que de l'ordre de 700 d'ici cette date. Sans extension, Amazon risque des amendes, voire une révocation de sa licence.

L'entreprise demande donc un report de 24 mois, jusqu'en juillet 2028, ou une dérogation pure et simple de cette exigence. Pour rassurer la FCC, Amazon souligne avoir déjà investi " bien plus de 10 milliards de dollars " et sécurisé le " plus grand approvisionnement commercial de capacité de lancement de l'histoire " pour garantir le déploiement total d'ici 2029.

Comment ce retard affecte-t-il la concurrence dans le secteur ?

Ce contretemps renforce la position dominante de Starlink, qui compte déjà plus de 9 000 satellites en orbite et des millions de clients. Le retard d'Amazon intervient à un moment critique où le marché s'intensifie, avec l'annonce récente par Blue Origin de son propre projet, TeraWave, destiné aux entreprises et gouvernements.

Malgré les difficultés, Amazon Leo prévoit de lancer un " aperçu pour entreprises " et de fournir ses terminaux à des clients gouvernementaux et professionnels avant l'échéance de 2026.

Source : CNBC - Bloomberg