Le piège de l'amende impayée est de retour. Depuis la mi-janvier 2026, une vague massive d'emails frauduleux s'abat sur la France, réactivant une escroquerie déjà observée les années précédentes. La méthode, bien que classique, reste redoutablement efficace : usurper l'identité d'un organisme officiel pour soutirer de l'argent et des données aux victimes les moins attentives. Une tactique qui joue sur la peur et la pression pour atteindre ses objectifs.

Comment fonctionne cette nouvelle escroquerie ?

Tout commence par la réception d'un courriel ou SMS reprenant l'apparence des communications officielles. Le message prétend provenir de l'ANTAI et vous informe qu'une contravention, souvent pour stationnement et d'un montant de 135 euros, n'a pas été réglée. Pour accentuer la pression, les cybercriminels vous donnent un ultimatum très court, généralement 24 heures, pour régulariser la situation sous peine d'une majoration salée.

Si la victime ne mord pas à l'hameçon, les pirates insistent. Un second email est envoyé quelques jours plus tard, annonçant que la majoration a été appliquée. La nouvelle somme à payer grimpe, parfois jusqu'à 260 euros, avec la menace d'une nouvelle augmentation pouvant dépasser les 500 euros. C'est une tactique d'ingénierie sociale bien huilée, conçue pour provoquer la panique et court-circuiter la prudence. L'objectif est de vous faire cliquer sur un lien sans réfléchir, dans une arnaque en deux temps.

Quel est le véritable objectif des pirates ?

En cliquant sur le lien proposé, vous n'êtes pas redirigé vers un site gouvernemental. Vous atterrissez sur une plateforme de phishing méticuleusement conçue pour imiter à la perfection le portail officiel, logos de la République Française à l'appui. C'est ici que le piège se referme et que les véritables intentions des escrocs se dévoilent.

Le but est double. D'une part, vous inciter à payer la fausse amende via un module de paiement frauduleux, l'argent atterrissant directement dans leurs poches. D'autre part, et c'est peut-être le plus grave, ils cherchent à dérober vos données personnelles et bancaires : numéro fiscal, permis de conduire, carte d'identité. Ces informations volées alimenteront ensuite d'autres escroqueries, comme la tristement célèbre fraude au faux conseiller bancaire.

Comment se protéger et identifier le piège ?

La vigilance reste votre meilleure alliée. Le premier réflexe doit être de vérifier l'adresse de l'expéditeur. La véritable ANTAI communique exclusivement via l'adresse "nepasrepondre_norepy@antai.gouv.fr". Les fraudeurs utilisent des adresses proches pour tromper la vigilance, comme "amendes-gouv.fr". Cette technique de phishing est courante.

Le second point de contrôle concerne les liens intégrés dans le mail. Sans jamais cliquer dessus, passez simplement votre curseur sur le bouton ou le lien pour afficher l'URL de destination. Si l'adresse qui s'affiche n'est pas "https://usagers.antai.gouv.fr", il s'agit sans le moindre doute d'une tentative de fraude. Ne tenez pas compte des éventuelles fautes d'orthographe ou des problèmes de mise en page, et ne fournissez jamais de documents sur un site accessible depuis un email non sollicité.

Foire Aux Questions (FAQ)

Que faire si j'ai déjà cliqué et fourni mes informations ?

Si vous avez communiqué vos coordonnées bancaires, contactez immédiatement votre banque pour faire opposition à votre carte et surveiller toute transaction suspecte. Il est également conseillé de déposer plainte auprès des services de police ou de gendarmerie et de signaler l'escroquerie sur la plateforme gouvernementale cybermalveillance.gouv.fr.

L'ANTAI envoie-t-elle des avis de contravention par simple email ?

Non. L'Agence nationale de traitement automatisé des infractions n'envoie jamais d'avis de contravention par courriel simple. Les procédures officielles reposent sur l'envoi d'un courrier postal à votre domicile ou, le cas échéant, sur une notification sécurisée dans votre espace personnel sur un site gouvernemental officiel.

Pourquoi cette arnaque est-elle si persistante ?

Cette escroquerie fonctionne car elle exploite des leviers psychologiques puissants : la peur des sanctions légales et le sentiment d'urgence. De plus, la revente des données personnelles volées sur le dark web est extrêmement lucrative, ce qui motive les cybercriminels à relancer régulièrement ce type de campagne.

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