Coup de semonce dans le secteur technologique français : le leader des services numériques, Capgemini, a officialisé ce mardi 20 janvier un projet de réorganisation d'envergure. Face à une conjoncture économique morose et la montée en puissance de l'IA, l'entreprise envisage de se séparer de près de 7% de ses 35 000 salariés dans l'Hexagone.

Le plan, qui doit encore être négocié avec les syndicats, ne prévoit pas de licenciements secs mais mise sur le volontariat.

Quelle est la nature exacte de ce plan social ?

Contrairement à une vague de suppressions de postes classiques, le groupe insiste sur une approche basée sur le volontariat. Le projet s'articule autour de deux axes principaux. D'une part, une proposition de reconversion interne pour les salariés concernés.

L'entreprise souhaite les réorienter vers des "métiers d'avenir" comme l'intelligence artificielle, le cloud et la data. D'autre part, un dispositif de rupture conventionnelle collective sera proposé à ceux qui préfèrent quitter l'entreprise. Cette stratégie permet d'ajuster les compétences sans recourir à des départs contraints, une méthode déjà employée par d'autres acteurs du secteur comme Accenture.

Pourquoi une telle décision maintenant ?

La direction de Capgemini justifie cette réorganisation par une double pression. La première est conjoncturelle : un ralentissement économique notable en France et en Europe. Le groupe pointe une faiblesse persistante dans des secteurs clés comme l'industrie et l'automobile, qui freinent leurs grands investissements numériques.

La seconde est structurelle et bien plus profonde : l'accélération des mutations technologiques. L'intelligence artificielle, en particulier, redéfinit les besoins des clients et les compétences requises. L'entreprise doit donc faire évoluer ses effectifs pour rester compétitive sur ces nouveaux marchés stratégiques.

Comment l'intelligence artificielle transforme-t-elle le secteur ?

L'IA n'est plus un simple outil, elle recompose en profondeur le modèle économique du conseil en informatique. Les tâches autrefois réalisées par des consultants juniors sont de plus en plus automatisées. Les clients exigent désormais une expertise pointue sur des technologies comme l'IA agentique, le edge computing ou le quantique.

Pour s'adapter, Capgemini a d'ailleurs massivement investi, notamment en rachetant la société indienne WNS pour 3,3 milliards de dollars. Cette restructuration s'inscrit donc dans une stratégie globale visant à basculer d'un modèle basé sur le volume de capital humain à un modèle fondé sur la haute valeur ajoutée technologique.

Quelles sont les prochaines étapes pour les salariés ?

Le projet doit maintenant être présenté aux instances représentatives du personnel. Des négociations vont s'ouvrir avec les organisations syndicales pour définir les modalités précises et les mesures d'accompagnement du plan. L'objectif est de parvenir à un accord collectif.

Les salariés des filières jugées "fortement impactées" par l'évolution de la demande seront les premiers concernés par les propositions de reclassements ou de départs volontaires. L'issue de ces discussions déterminera le calendrier et l'impact final de cette transformation majeure pour le géant français.

Foire Aux Questions (FAQ)

Combien de postes sont concernés chez Capgemini ?

Le projet pourrait concerner jusqu'à 2 400 postes en France, ce qui représente environ 7% des 35 000 salariés du groupe dans le pays.

Y aura-t-il des licenciements forcés ?

Non, le groupe a précisé que le plan reposera uniquement sur le volontariat, via des reclassements internes vers de nouvelles compétences ou un dispositif de rupture conventionnelle collective.

L'IA est-elle la seule cause de cette décision ?

Non, l'intelligence artificielle est un facteur majeur de transformation, mais Capgemini invoque aussi un ralentissement de l'activité économique en France, notamment dans le secteur industriel.