La confirmation est venue du plus haut niveau de l'État italien. Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a révélé que les autorités avaient réussi à contrecarrer une vague de cyberattaques visant des sites gouvernementaux, notamment l'ambassade d'Italie à Washington, ainsi que des infrastructures directement liées aux Jeux Olympiques d'Hiver de Milan Cortina, comme des hôtels à Cortina d'Ampezzo.

Bien que le ministre n'ait pas donné de détails techniques précis, il a clairement pointé une "origine russe" derrière ces tentatives de déstabilisation.

hacker

Cette offensive a été rapidement revendiquée par le groupe de hackers pro-russe Noname057. Via Telegram, le collectif a présenté ses actions comme des représailles directes au soutien de l'Italie à l'Ukraine, qualifiant ses attaques par déni de service (DDoS) de "missiles" numériques.

Si ces attaques sont techniquement peu sophistiquées, leur objectif est avant tout symbolique et psychologique : semer le doute et perturber l'organisation d'un événement à portée planétaire.

Un contexte géopolitique qui dépasse le sport

Cette tension n'est pas nouvelle. La Russie entretient une relation complexe et conflictuelle avec le mouvement olympique depuis plusieurs années. L'historique des sanctions a débuté avec l'interdiction de compétition suite à un vaste scandale de dopage en 2017, une sanction renforcée par l'Agence Mondiale Antidopage en 2019.

La situation s'est encore aggravée après l'invasion de l'Ukraine, conduisant le Comité International Olympique (CIO) à imposer une interdiction quasi totale des athlètes russes.

Milan Cortina 2026 jeux olympiques hiver

Treize athlètes russes pourront participer aux JO d'hiver, mais sous bannière neutre, une concession vécue comme une humiliation par Moscou. Pour la Russie, les grands événements sportifs ont toujours été un outil de soft power et une vitrine politique.

Les attaques contre les Jeux de Pyeongchang en 2018 et les campagnes de désinformation entourant ceux de Paris en 2024 s'inscrivent dans cette stratégie de perturbation, où le sport devient une extension du champ de bataille géopolitique.

Une réponse sécuritaire massive face à une menace hybride

La réaction de l'Italie illustre parfaitement la prise de conscience que la menace numérique appelle une réponse physique massive. Le gouvernement a déployé un dispositif de sécurité exceptionnel, mobilisant plus de 6 000 policiers et près de 2 000 militaires sur l'ensemble des sites, de Milan aux Dolomites. Ce déploiement inclut des unités d'élite comme des démineurs, des tireurs d'élite et des équipes antiterroristes.

Le ministère de la Défense a complété ce dispositif avec des drones, des radars et des aéronefs, transformant les Alpes en une zone sous haute surveillance. Cette militarisation de la sécurité olympique montre que les États considèrent désormais les cyberattaques non plus comme de simples incidents techniques, mais comme le premier acte d'une potentielle escalade de la tension.

Dans ce climat tendu, la question n'est plus de savoir si de nouvelles attaques auront lieu mais comment les organisateurs d'événements mondiaux peuvent se préparer à cette guerre hybride permanente.