L'île de Taïwan est la cible d'une véritable cyberguerre menée par la Chine. Selon les dernières informations du Bureau national de la sécurité taïwanais, les offensives numériques orchestrées depuis Pékin ont connu une escalade spectaculaire au cours de la dernière année. Le nombre total d'incidents a grimpé de 6 %, atteignant le chiffre alarmant de 2,63 millions de tentatives d'intrusion quotidiennes en moyenne pour l'année 2025, soit une hausse de 113 % par rapport à 2023.
Quels sont les secteurs les plus stratégiques visés par Pékin ?
Le secteur de l'énergie est clairement la cible prioritaire des pirates chinois. Les entreprises publiques et privées des domaines du pétrole, de l'électricité et du gaz naturel subissent un véritable assaut. Le rapport officiel souligne que « l’armée cybernétique chinoise mène des investigations intensives sur les équipements réseau et les systèmes de contrôle industriel des entreprises énergétiques ». Cette augmentation de plus de 1000 % en un an est une preuve irréfutable de cette stratégie.
Cette volonté claire de cartographier et potentiellement de contrôler ces infrastructures critiques est alarmante. D'autres secteurs vitaux ne sont pas épargnés. Les services de secours d'urgence et les hôpitaux ont enregistré une hausse des attaques de 54 %, tandis que les agences gouvernementales ont été la cible de vols de données massifs et les réseaux de télécommunication massivement infiltrés.
Quelles sont les méthodes employées par les hackers chinois ?
Les groupes de hackers affiliés à l'État chinois, tels que BlackTech, Flax Typhoon, ou encore APT41, déploient un arsenal varié de techniques pour parvenir à leurs fins. La méthode la plus répandue reste l'exploitation de vulnérabilités non corrigées dans les matériels et logiciels.
Les pirates profitent notamment des phases de déploiement de nouvelles versions logicielles pour tenter d'y injecter des logiciels malveillants. Ces malwares leur permettent de surveiller en détail le fonctionnement des installations, les flux d'approvisionnement et les systèmes de secours. D'autres tactiques incluent les attaques par déni de service distribué (DDoS) pour paralyser les services, la compromission de la chaîne d'approvisionnement et l'ingénierie sociale, qui consiste à manipuler psychologiquement les utilisateurs pour obtenir des accès.
Pourquoi la Chine mène-t-elle cette guerre de l'ombre ?
Cette intensification des cyberattaques n'est pas le fruit du hasard. Elle s'inscrit dans une stratégie plus large de « menaces hybrides » que la Chine déploie contre l'île. Les pics d'activité cybernétique coïncident souvent avec des moments politiquement sensibles : élections, annonces gouvernementales importantes, visites de responsables taïwanais à l'étranger ou encore exercices militaires chinois à proximité de l'île.
L'objectif de Pékin est double. D'une part, il s'agit d'espionnage pur, visant à collecter des informations stratégiques et à voler des technologies de pointe, notamment dans le secteur crucial des semi-conducteurs où Taïwan est un acteur majeur. D'autre part, les pirates cherchent à s'implanter durablement dans les réseaux pour se donner la capacité de saboter les infrastructures en cas de crise majeure, offrant à Pékin un avantage considérable dans un éventuel conflit.