Depuis septembre dernier, le bon vieux disque dur, que l'on pensait à l'abri des turbulences du marché des semi-conducteurs, subit une flambée de prix spectaculaire.

Une analyse du média allemand ComputerBase révèle une hausse moyenne de 46% sur un panel de modèles populaires. Les extrêmes sont encore plus parlants : si un Seagate IronWolf Pro de 16 To a vu son prix grimper de 23%, le Toshiba Cloud Scale Capacity MG10F AFA 22 To a littéralement explosé avec une hausse de 66%.

Quelle est la cause de cette hausse soudaine ?

Contrairement aux SSD, cette inflation n'est pas due à une pénurie de puces mémoire NAND. Mis à part le contrôleur et une mémoire cache limitée, les disques durs reposent sur des plateaux mécaniques dont les matériaux ne sont pas en tension. Le véritable moteur de cette flambée est ailleurs : c'est la demande insatiable des plus gros consommateurs de données au monde.

Les fournisseurs cloud américains, les hyperscalers et les laboratoires d'intelligence artificielle achètent massivement des unités de très haute capacité. Leur objectif : étendre leur stockage de classe exaoctet pour l'entraînement des modèles d'IA et l'archivage de volumes de données colossaux. Cette demande dépasse de loin les besoins traditionnels et crée une pression inédite sur l'offre disponible.

Ce phénomène s'inscrit-il dans une tendance plus large ?

Absolument. Cette situation sur les HDD est le dernier symptôme d'une crise générale des composants liés à la mémoire. Il faut se souvenir que cette augmentation s'ajoute à des hausses déjà vertigineuses sur d'autres segments. En quelques mois, le prix moyen des SSD a grimpé de 74%, avec certains modèles qui ont plus que doublé.

Mais le cas le plus extrême reste celui de la mémoire vive. Le prix de la RAM a explosé de plus de 340% sur la même période, un chiffre qui transforme la simple mise à niveau d'un ordinateur en un investissement de luxe. La flambée des HDD, bien que moins violente, confirme que plus aucun secteur du stockage n'est épargné.

Quelles sont les implications pour le consommateur ?

Pour le consommateur final, l'impact est immédiat. Le projet de monter un serveur de stockage personnel (NAS) à bas coût devient soudainement beaucoup plus onéreux. L'idée même d'un stockage de masse abordable, longtemps incarnée par le disque dur mécanique, est sérieusement remise en question.

Cette tendance pourrait se poursuivre, car les fabricants rap

portent des taux d'utilisation quasi complets de leurs usines. Tant que la voracité des géants du cloud et de l'IA ne faiblira pas, l'offre pour le marché grand public restera contrainte et les prix élevés. Archiver ses données personnelles sur plusieurs téraoctets risque de ne plus être une opération aussi économique qu'auparavant.

Foire Aux Questions (FAQ)

La hausse des prix des HDD est-elle liée à celle des SSD ?

Non, les causes profondes sont différentes. La hausse des prix des SSD est principalement liée à la pénurie et au coût des puces de mémoire flash NAND. Pour les disques durs (HDD), la cause principale est une demande massive et croissante de la part des datacenters, des fournisseurs cloud et des acteurs de l'IA, qui absorbent une grande partie de la production d'unités à haute capacité.

Quels sont les modèles de disques durs les plus touchés ?

Les disques durs offrant les plus grandes capacités de stockage sont ceux qui subissent les plus fortes augmentations. Des modèles comme le Toshiba Cloud Scale Capacity de 22 To ou le Seagate BarraCuda de 24 To ont vu leurs prix grimper de plus de 60% en quelques mois, car ils sont très prisés pour les infrastructures de stockage à grande échelle.

Peut-on s'attendre à une baisse des prix prochainement ?

C'est peu probable à court terme. La demande en stockage pour l'intelligence artificielle et les services cloud ne montre aucun signe de ralentissement. Tant que cette demande restera supérieure à l'offre disponible, les fabricants maintiendront des prix élevés. Une stabilisation, voire une baisse, n'est pas attendue avant de nombreux mois.