Les forces armées ukrainiennes ont officialisé la mise en service de combat d'une variante du drone Raybird, conçue par l'entreprise locale Skyeton.et fonctionnant à l'hydrogène, avec une signature thermique et sonore quasi nulle.

C'est une première mondiale pour un aéronef de ce type engagé dans une zone de guerre active. Cet appareil, non armé, est spécifiquement pensé pour des missions de reconnaissance à longue portée en territoire ennemi.

Un saut technologique dicté par le besoin de furtivité

Dans un conflit où l'usage des drones est devenu omniprésent, le champ de bataille moderne est un espace saturé de capteurs.

Un aéronef à moteur thermique classique, par sa chaleur et son bruit, devient une cible relativement facile à repérer pour les systèmes de détection infrarouges et acoustiques, limitant son efficacité pour les incursions profondes.

drone Raybird Skyeton hydrogène

C'est ici que la propulsion hybride hydrogène-électrique change la donne. Elle confère au Raybird une signature thermique négligeable et un bruit considérablement réduit.

Cette discrétion acoustique et thermique constitue son atout tactique majeur, offrant aux forces de l'Ukraine une capacité d'observation plus durable et moins risquée.

Raybird-H : compromis et caractéristiques techniques

Le développement de cette version a nécessité deux ans de tests en laboratoire pour adapter entièrement la cellule de l'appareil. Le défi était d'intégrer les réservoirs d'hydrogène, plus volumineux que leurs équivalents à essence, tout en maintenant l'équilibre et les performances de vol.

L'engin affiche un poids au décollage de 23 kg pour une envergure de 4,7 mètres, et peut emporter jusqu'à 10 kg de charge utile, composée de radars et de capteurs optroniques.

drone Raybird Skyeton hydrogène 02

Le cœur de cette adaptation réside dans l'intégration d'un système de propulsion à hydrogène, qui génère de l'électricité pour alimenter les moteurs. Pour l'instant, ce gain en furtivité se paie par un compromis sur l'endurance.

La version hydrogène peut voler durant 12 heures, là où son homologue à moteur à combustion interne dépassait les 28 heures. Un sacrifice jugé acceptable au vu des avantages tactiques procurés.

Quelles implications stratégiques et logistiques ?

Le Raybird à hydrogène n'est pas un drone d'attaque. Sa mission est de collecter du renseignement crucial en profondeur : localiser les mouvements de troupes, les centres logistiques ou les positions d'artillerie loin derrière la ligne de front. Sa furtivité accrue le rend particulièrement apte à ce véritable jeu du chat et de la souris technologique.

Cette innovation introduit également de nouveaux défis, notamment concernant l'approvisionnement en hydrogène via des cartouches interchangeables ou des unités de production mobiles sur le terrain.

Conscient de la marge de progression, Skyeton travaille déjà à étendre la durée de vol à 20 heures et prépare la codification de l'appareil pour permettre son déploiement à plus grande échelle. L'avenir dira si ce pionnier silencieux tracera la voie pour une nouvelle génération d'engins de reconnaissance.