L'affaire, rapportée initialement par Le Parisien, éclate le 30 janvier 2026 à Camblanes-et-Meynac, une commune tranquille de Gironde. Des riverains, intrigués par l'apparition soudaine d'une parabole de deux mètres de diamètre dans le jardin d'une location Airbnb et par des coupures internet simultanées, préviennent la police.

Très vite, le caractère sensible de la situation pousse les autorités à confier l'enquête à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), sous la direction de la section spécialisée dans la cybercriminalité du parquet de Paris.

Le 31 janvier, une perquisition est menée, menant à l'interpellation de quatre personnes et à la saisie de leur matériel.

Le pot aux roses : une installation suspecte qui ne passe pas inaperçue

Sur place, les enquêteurs découvrent un système informatique complexe relié à des antennes paraboliques, conçu spécifiquement pour la captation de données satellitaires.

L'Agence nationale des fréquences radios (ANFR), sollicitée pour son expertise, a rapidement confirmé les soupçons. L'installation permettait non seulement une utilisation illégale de fréquences et un brouillage des signaux environnants, mais elle était surtout capable d'intercepter illégalement le flux descendant des satellites.

Cette capacité représentait une menace directe, car elle visait potentiellement des échanges de données provenant d'entités d'importance vitale, y compris des communications militaires.

Les investigations ont révélé que le dispositif avait été déployé dans le but précis de capter les données du réseau Starlink, mais aussi d'autres informations stratégiques.

La sophistication du matériel et la nature des cibles potentielles ont immédiatement placé cette affaire au rang des menaces sérieuses contre les intérêts fondamentaux de la nation.

Les quatre suspects ont été transférés dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret pour quatre jours de garde à vue avant leur mise en examen.

Qui sont les suspects et quelle était leur mission ?

Au cœur du dispositif se trouvent deux ressortissants chinois qui avaient loué le logement. Pour obtenir leur visa, ils s'étaient présentés comme des ingénieurs travaillant pour une entreprise spécialisée dans le développement de systèmes de communication sans fil.

Fait troublant, cette société est connue pour ses coopérations avec des universités chinoises sur des projets à vocation militaire. Selon le parquet de Paris, leur mission était claire : effectuer une mission de captation de données satellitaires afin de les retransmettre à la Chine.

Deux autres complices ont été interpellés alors qu'ils se présentaient au logement. Ils sont suspectés d'avoir participé à l'importation illégale du matériel. Lors de la perquisition de leur commerce, les enquêteurs ont d'ailleurs retrouvé une antenne Starlink usagée.

Selon leurs déclarations, les deux ingénieurs cherchaient simplement à "comprendre la technologie Starlink", une explication qui peine à convaincre les autorités face à l'ampleur des moyens déployés et aux risques encourus.

Une opération qui s'inscrit dans un contexte de menaces grandissantes

Cette affaore rappelle le contexte plus large d'opérations d'ingérence et d'espionnage chinois sur le sol français, qui prennent des formes de plus en plus pernicieuses et agressives.

Des postes de police clandestins à l'infiltration de laboratoires, la Chine multiplie les tentatives pour acquérir des informations stratégiques. Les chefs d'accusation retenus sont d'une gravité exceptionnelle : "livraison d’informations à une puissance étrangère", "extraction frauduleuse de données en bande organisée" ou encore "atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation", un crime passible de quinze ans de réclusion.

Cette tentative met en lumière la menace grandissante que représente l'espionnage technologique pour la France et l'Europe. D'autres cas récents en République tchèque ou en Allemagne confirment cette tendance.

L'enquête de la DGSI devra désormais déterminer l'étendue des données potentiellement captées et les ramifications exactes de ce réseau. L'affaire de la parabole girondine soulève des questions cruciales sur la vulnérabilité des infrastructures de communication et la nécessité de renforcer la vigilance face à des opérations qui menacent directement la sécurité nationale.