L'histoire de Google est intimement liée à la Californie. C'est dans un garage de Menlo Park en 1998 que deux doctorants de Stanford ont jeté les bases d'un moteur de recherche qui allait redéfinir internet.
Aujourd'hui, alors que leur fortune combinée dépasse les 500 milliards de dollars, ces deux pionniers de la tech prennent leurs distances avec le « Golden State », signalant une potentielle fracture entre la Silicon Valley et ses icônes.
Un exode fiscal soigneusement préparé
Les signaux sont clairs et les documents officiels le confirment. Fin décembre 2025, de nombreuses sociétés à responsabilité limitée (LLC) liées aux deux milliardaires ont été restructurées ou déplacées., rapportent plusieurs médias américains.
Par exemple, l'entité T-Rex LLC, associée de longue date à Larry Page et son partenaire, a été convertie en une structure basée au Delaware, tandis que plus de 45 autres LLC connectées à Page sont devenues inactives ou ont quitté l'État.
Le mouvement est coordonné et d'une ampleur significative. Dans les dix jours précédant Noël, une quinzaine de LLC californiennes gérant les intérêts de Sergey Brin ont été terminées ou converties en entités basées au Nevada.
Parmi celles-ci figurent des sociétés administrant des actifs aussi variés qu'un de ses super-yachts et sa participation dans un terminal aérien privé à San José.
Quelle est cette taxe qui fait fuir les milliardaires ?
La source de cette agitation est une proposition de loi qui pourrait être soumise au vote en novembre. Elle instaurerait une taxe unique de 5% sur les patrimoines des résidents californiens dépassant le milliard de dollars.
Pour les cofondateurs de Google, l'enjeu financier est colossal, se chiffrant potentiellement en dizaines de milliards de dollars. L'un des points les plus critiques de la mesure est sa rétroactivité : elle s'appliquerait à toute personne résidant en Californie au 1er janvier 2026.
Cette clause explique la précipitation des opérations de restructuration observées fin 2025, une véritable course contre la montre pour établir une résidence fiscale hors de l'État avant la date fatidique.
Un signal d'alarme pour l'économie californienne ?
Le cas des fondateurs de Google n'est pas isolé et pourrait bien être le symptôme d'un malaise plus profond. D'autres figures de la tech, comme Peter Thiel ou David Sacks, ont déjà réduit leur empreinte en Californie.
L'avocat Alex Spiro a même alerté le gouverneur, prédisant un « exode du capital et de l'innovation » si la taxe était adoptée, soulignant que ses clients, dont Sergey Brin, n'hésiteraient pas à déménager de façon permanente.
Si le départ de ces figures emblématiques se confirme, l'impact sur l'assiette fiscale de la Californie pourrait être majeur. Alors que l'État, qui abrite environ 200 milliardaires, cherche à combler un déficit budgétaire important, le départ potentiel d'une partie de ses plus gros contribuables pose une question cruciale sur l'équilibre entre justice fiscale et attractivité économique pour les années à venir.