Helsing, la startup franco-allemande valorisée à plusieurs milliards d'euros, s'était positionnée comme le fer de lance de l'innovation militaire en Europe.

Son drone HX-2, un modèle « X-wing » combinant ailes fixes et rotors de quadricoptère, était présenté comme la réponse technologique du continent aux munitions téléopérées russes de type Lancet.

Cependant, la dure réalité du champ de bataille semble avoir sérieusement ébranlé les promesses technologiques du système.

Des défaillances en cascade sur le terrain

Selon des informations issues d'une présentation interne du ministère allemand de la Défense et corroborées par plusieurs sources, les essais menés par le 14ème Régiment ukrainien, spécialisé dans les systèmes sans pilote, ont mis en lumière des difficultés techniques majeures.

Une part significative des drones HX-2 aurait échoué au décollage, un problème attribué à la fois à des soucis mécaniques sur la catapulte de lancement et à une fiabilité générale insuffisante.

Plus inquiétant encore, les appareils qui ont pu prendre leur envol se sont montrés très vulnérables aux actions de brouillage électronique près des lignes de contact, perdant la connexion avec leurs opérateurs.

Cette situation a conduit l'Ukraine à geler toute nouvelle commande, et son partenaire allemand à suspendre également ses propres projets d'acquisition en attendant un regain d'intérêt de Kyiv.

Le contrat initial, qui portait sur la livraison de modèles HF-1 avant une transition vers le HX-2 plus avancé, est désormais en suspens.

Entre démenti et réalité du front

Face à ces révélations, la société Helsing a publié un démenti formel, affirmant ne pas avoir connaissance de la présentation allemande et rejetant plusieurs de ses conclusions, notamment le taux d'échec élevé au décollage.

L'entreprise se dit confiante dans les performances futures du HX-2 sur le champ de bataille, y compris en environnement de guerre électronique, et souligne que des unités ukrainiennes continuent de manifester leur intérêt pour le système.

Ce décalage illustre peut-être le cycle d'innovation rapide de la guerre moderne. Le front ukrainien sert de véritable laboratoire à ciel ouvert pour les nouvelles technologies, mais les systèmes qui excellent lors de tests en conditions contrôlées peinent souvent à survivre au stress du combat réel.

D'autres fabricants occidentaux ont d'ailleurs connu des déboires similaires, les forçant à adapter rapidement leurs systèmes pour répondre aux défis du terrain.

Quel avenir pour la promesse d'Helsing ?

Ce coup d'arrêt est un défi de taille pour Helsing, qui ambitionne de s'imposer sur le marché ultra-concurrentiel des drones kamikazes face à des géants établis comme Rheinmetall AG.

Les doutes sur la fiabilité et l'efficacité de sa plateforme phare laissent le champ libre à des concurrents directs, à l'image du polonais WB Electronics et de son système Warmate 3.0, dont des milliers d'exemplaires sont prévus pour l'armée ukrainienne.

Pour la startup, l'enjeu est désormais de prouver que le HX-2 peut surmonter ces défauts de jeunesse. Est-ce un simple souci de jeunesse ou un problème fondamental de conception ?

La capacité de Helsing à corriger le tir rapidement déterminera non seulement son avenir commercial, mais aussi la crédibilité de sa promesse d'équiper l'Europe avec des systèmes d'armes autonomes et intelligents, réellement efficaces face aux défis de la guerre électronique moderne.