Cette découverte prouve pour la première fois que ces matériaux complexes, jusqu'alors créés en laboratoire, peuvent se former naturellement. Une avancée qui pourrait redéfinir l'exploitation des ressources lunaires.

La communauté scientifique a longtemps considéré que certains matériaux, de par leur complexité structurelle, ne pouvaient être que le fruit de l'ingénierie humaine.

Parmi eux, les nanotubes de carbone à paroi unique, des cylindres d'atomes d'une finesse extrême, étaient le symbole d'une technologie de pointe. Leur synthèse, réussie pour la première fois dans les années 1990, exige des conditions de laboratoire drastiques : chambres à vide, contrôle précis de la température et catalyseurs métalliques spécifiques.

Or, des scientifiques ont identifié ces nanomatériaux dans des échantillons de la face cachée de la Lune, ramenés par la mission chinoise Chang'e-6.

Une découverte qui bouscule les certitudes

En analysant des roches prélevées par la mission chinoise Chang'e-6 sur la face cachée de notre satellite, des chercheurs de l'Université de Jilin ont identifié sans équivoque la présence de ces fameux nanotubes.

C'est la première preuve formelle que la nature est capable de produire seule ces nanostructures avancées. Cette observation, publiée dans la revue Nano Letters, a été confirmée par de multiples techniques de microscopie et de spectroscopie, mettant fin à un long débat scientifique.

Comment la Lune fabrique-t-elle ces matériaux ?

Loin des environnements stériles des laboratoires, la surface lunaire est une véritable forge cosmique. La formation de ces nanotubes dans les échantillons lunaires serait le résultat d'un processus violent et complexe.

Les chercheurs estiment que les conditions extrêmes, combinant les impacts de micrométéorites, une activité volcanique ancienne et l'irradiation constante du vent solaire, sont à l'origine du phénomène.

Les impacts à haute vitesse vaporisent le carbone présent, et en se refroidissant rapidement, ce gaz atomique est "tissé" en tubes par des particules de fer locales agissant comme catalyseurs.

Vers une nouvelle ère de l'exploration spatiale ?

Cette confirmation a des implications profondes pour l'avenir de la colonisation spatiale. Elle suggère que la Lune est un environnement chimiquement bien plus dynamique qu'on ne le pensait.

Plutôt que de transporter depuis la Terre des composants coûteux, les futurs explorateurs pourraient exploiter les ressources locales pour fabriquer des capteurs, des batteries à haute efficacité ou d'autres appareils électroniques.

Cette découverte, qui fait suite à celle du graphène lunaire par la même équipe, ouvre la voie à une véritable utilisation des ressources in situ. L'étude de ces processus naturels pourrait même inspirer des méthodes de fabrication plus économiques sur notre propre planète.