La quatrième planète du système solaire n'est plus qu'une boule de poussière d'oxydes de fer en surface lui donnant son aspect orangé mais elle a connu un passé plus humide dans son jeune temps.
Les rovers américains qui la sillonnent depuis plus de dix ans ont confirmé la présence de structures modelées par de l'eau vive, témoignant d'un passé où il existait des cours d'eau et des zones d'eau stagnantes.
Cette eau sous forme liquide, dans laquelle s'est peut-être agité une manifestation de vie martienne, n'est plus présente depuis des milliards d'années. Les sondes en orbite ont pourtant montré que du givre et de l'eau glacée pouvaient apparaître à certains moments de la journée (et de la saison) martienne.
Un immense réservoir sous la surface
Les études sismographiques, notamment avec les instruments de l'atterrisseur Insight, ont également laissé entendre que des poches d'eau pouvaient se cacher sous la surface.
L'analyse des données a permis de déterminer que Mars possède un immense réservoir d'eau liquide sous sa surface, de nature à remplir des océans en surface si les conditions le permettaient.
Dans un article publié dans PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), des chercheurs de l'Université de Berkeley estiment que la quantité d'eau présente dans des couches de roches poreuses est telle qu'elle pourrait couvrir la surface de la planète avec une profondeur de 1 à 2 kilomètres.
Trop profond pour être accessible
Toutefois, la poche d'eau serait cachée au milieu de la croûte martienne à une profondeur comprise entre 11 et 20 kilomètres de profondeur, ce qui la rend quasiment inaccessible avec les moyens actuels.
Même sur Terre, forer jusqu'à une telle profondeur constituerait un immense défi, relèvent les chercheurs. L'étude des données sismiques permet cependant de répondre au moins partiellement à la question de ce qu'est devenue l'eau qui abondait autrefois en surface après l'affaiblissement de l'atmosphère de la planète.
Cette présence massive d'eau liquide bien à l'abri sous la surface pourrait cacher une autre surprise : la possibilité que de la vie bien vivante, et non pas seulement des traces fossiles, y ait subsisté.
S'il sera difficile d'aller vérifier directement l'hypothèse, il reste possible que des formes de vie puissent remonter épisodiquement ou régulièrement à la surface. De quoi ouvrir de nouvelles pistes à la recherche de ces points de contact.