L'Agence spatiale américaine vient de franchir une étape majeure avec l'officialisation de son nouveau fleuron de calcul, Athena. Intégré au sein du projet High-End Computing Capability (HECC), ce système est hébergé dans l'infrastructure modulaire de l'Ames Research Center en Californie.
Il succède au supercalculateur Pleiades, mis hors service récemment, et surpasse en puissance et en efficacité ses prédécesseurs, marquant une avancée significative pour les capacités de calcul de l'agence.
Une puissance de calcul pour de nouvelles ambitions
Athena déploie une puissance de calcul de 20,13 pétaflops, une mesure qui quantifie le nombre d'opérations qu'il peut effectuer par seconde.
Cette capacité phénoménale repose sur une architecture composée de 1 024 nœuds AMD Epyc Turin et de 786 To de mémoire vive. Cette configuration matérielle de pointe est conçue pour s'attaquer aux défis les plus complexes que la NASA rencontre dans ses différents domaines de recherche.
Le système est désormais accessible, après une période de test, non seulement aux chercheurs de l'agence, mais aussi aux scientifiques et partenaires externes qui soutiennent les programmes de la NASA.
Avec Athena, l'objectif est de fournir des ressources sur mesure pour répondre aux besoins en constante évolution des missions spatiales.
Un investissement devenu indispensable
Le déploiement de ce nouveau supercalculateur est une nécessité stratégique. En 2024, un rapport du Bureau de l'Inspecteur Général (OIG) de la NASA avait tiré la sonnette d'alarme : les ressources de calcul haute performance de l'agence étaient "sur-sollicitées et surchargées". Les systèmes existants, majoritairement basés sur des CPU, se révélaient insuffisants face à l'explosion des besoins.
Ce rapport pointait du doigt un frein potentiel pour les missions de l'agence. En réponse, l'OIG avait recommandé une réorganisation stratégique pour mieux aligner les capacités de calcul avec les ambitions de la NASA.
Athena est donc une réponse directe à ce constat, conçue pour débloquer des projets qui étaient jusqu'alors limités par la puissance de calcul disponible.
Des applications concrètes à l'ère de l'IA
Les domaines d'application d'Athena sont vastes. Il jouera un rôle crucial dans la modélisation de lancements de fusées, la conception d'avions de nouvelle génération plus économes en carburant et, surtout, dans l'entraînement de modèles d'intelligence artificielle de grande envergure.
Ces IA sont capables d'analyser des ensembles de données massifs pour en extraire des informations scientifiques inédites, comme la prévision des effets des tempêtes solaires.
Ce système s'inscrit dans une approche de calcul hybride, combinant la puissance brute locale d'Athena avec la flexibilité des plateformes cloud commerciales. Cette stratégie permet aux équipes de choisir l'environnement le plus adapté à leurs recherches.
Le nom "Athena", choisi en interne, fait écho à la déesse grecque de la sagesse, demi-sœur d'Artemis, et symbolise la synergie entre la connaissance et la puissance nécessaire aux futures découvertes.