La scène s'est déroulée ce mardi vers 11h30 sur l'aéroport d'Ellington Field, près de Houston. Un des trois avions WB-57 de la NASA, des appareils conçus pour la recherche à très haute altitude, a été confronté à une panne mécanique majeure l'empêchant de déployer son train d'atterrissage.
Contraint à la manœuvre la plus délicate, le pilote a dû poser son appareil directement sur le fuselage. Les deux membres d'équipage, un pilote et un opérateur de capteurs, sont sortis sains et saufs de l'incident.
Un atterrissage contrôlé au millimètre
Les vidéos diffusées par des médias locaux, comme la chaîne KHOU 11, sont impressionnantes. On y voit l'avion approcher la piste à basse vitesse avant de toucher le sol dans un fracas maîtrisé.
La friction du métal sur le bitume a instantanément provoqué un déluge d'étincelles et de flammes sous le fuselage, tandis qu'une épaisse fumée blanche s'échappait.
Credit : Khou 11
Malgré ces conditions extrêmes, la maîtrise du pilote est restée totale, maintenant l'appareil en ligne droite jusqu'à son immobilisation complète.
Les services d'urgence de l'aéroport, incluant des équipes du Houston Fire Department, étaient prépositionnés et sont intervenus immédiatement pour sécuriser la zone.
La NASA a rapidement confirmé l'incident, évoquant une défaillance mécanique et a salué le sang-froid de son équipage. Une enquête approfondie a été lancée pour déterminer les causes exactes de cette défaillance, comme l'a confirmé la porte-parole Bethany Stevens.
Le WB-57, un vétéran des hautes altitudes
Le WB-57 fait partie d'une flotte très restreinte de seulement trois exemplaires opérés par la NASA depuis le Johnson Space Center. Il s'agit d'une variante profondément modifiée du bombardier britannique B-57, développé dans les années 1940.
Avec ses ailes allongées, il est capable d'opérer à des altitudes extrêmes, pouvant dépasser les 63 000 pieds (plus de 19 kilomètres), bien au-delà des couloirs aériens commerciaux.
Credit : NASA
Ces avions sont de véritables laboratoires volants. Initialement utilisés durant la Guerre Froide pour détecter des traces de tests nucléaires dans la haute atmosphère, ils sont aujourd'hui des atouts précieux pour la communauté scientifique.
Leurs missions scientifiques incluent la recherche météorologique, l'étude de phénomènes atmosphériques, la calibration de satellites et la surveillance des lancements et rentrées de fusées.
Une machine ressuscitée d'un cimetière d'avions
L'histoire de cet appareil spécifique, immatriculé N927NA, ajoute une dimension particulière à l'événement. Loin d'être un avion récent, il a été littéralement sauvé d'un cimetière d'avions de l'Air Force en Arizona.
En 2011, la NASA a décidé de restaurer cette cellule qui était en sommeil depuis 41 ans, un processus qui a pris près de deux ans pour la remettre en état de vol et l'adapter aux missions de recherche.
La remise en service de cet avion avait permis de renforcer la petite flotte de WB-57. L'incident de Houston met donc temporairement hors service un tiers de cette capacité unique de recherche à haute altitude pour l'agence spatiale américaine.
L'enquête devra non seulement clarifier les raisons de la panne mécanique, mais aussi déterminer l'ampleur des dégâts sur le fuselage et le temps nécessaire pour que ce vétéran des cieux puisse, peut-être, reprendre son envol.