En 2025, les océans ont absorbé une quantité de chaleur sans précédent, marquant la neuvième année consécutive de records. Une nouvelle analyse internationale vient poser un constat sans appel.

Les données collectées par des dizaines de scientifiques à travers le monde confirment que 2025 a pulvérisé tous les précédents records en matière de contenu thermique océanique.

Ce phénomène n'est pas un feu de paille, mais bien l'illustration d'une tendance de fond qui s'installe durablement depuis les années 1990.

Une accumulation d'énergie colossale

Le chiffre est vertigineux : en 2025, les 2 000 premiers mètres des océans ont absorbé 23 zettajoules de plus qu'en 2024. Pour mettre ce nombre en perspective, cette énergie colossale équivaut à environ 37 fois la consommation énergétique mondiale totale de 2023.

Cette mesure, fruit de la collaboration entre des institutions comme la NOAA américaine, l'Académie des sciences chinoise et le service européen Copernicus, dresse un tableau sans équivoque de la chaleur accumulée.

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Ce calcul est fondamental car les océans agissent comme le principal réservoir thermique de la planète. Ils absorbent plus de 90 % de la chaleur excédentaire piégée par les gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Le suivi du Contenu Thermique Océanique (OHC en anglais) est donc un indicateur clé, l'un des plus fiables pour mesurer la trajectoire à long terme du changement climatique.

Comment cette chaleur se manifeste-t-elle ?

L'étude souligne que le réchauffement hétérogène de la masse océanique est une réalité. Certaines zones se réchauffent beaucoup plus rapidement que d'autres, notamment le sud de l'Atlantique, le Pacifique Nord et l'océan Austral.

En 2025, près de 16 % de la surface océanique mondiale a atteint un niveau de chaleur record, tandis qu'un tiers se classait parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées. Ces répartitions géographiques ont des impacts directs sur les courants et la vie marine.

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À la surface, la situation est tout aussi préoccupante. La température de surface moyenne mondiale (SST) de 2025 se classe comme la troisième plus élevée jamais mesurée, se situant à environ 0,5 °C au-dessus de la moyenne de la période 1981-2010.

Si ce record est légèrement inférieur à ceux de 2023 et 2024, c'est en partie dû à la transition du phénomène El Niño vers La Niña dans le Pacifique, qui a temporairement tempéré la moyenne globale.

Des conséquences déjà visibles et à venir

Loin d'être une simple donnée statistique, cette chaleur accumulée a des conséquences concrètes et déjà observables. L'augmentation des températures de surface favorise une évaporation plus intense, chargeant l'atmosphère en humidité.

Ce mécanisme a directement alimenté des phénomènes météorologiques extrêmes en 2025, comme les inondations dévastatrices en Asie du Sud-Est et au Mexique, ou encore la sécheresse intense au Moyen-Orient.

océan

Sur le long terme, les implications sont encore plus graves. L'augmentation de la chaleur océanique est le principal moteur de l'élévation du niveau de la mer via la dilatation thermique de l'eau.

Elle renforce et prolonge les vagues de chaleur et intensifie la puissance des cyclones tropicaux. Tant que le bilan énergétique de la Terre restera positif, les océans continueront de se réchauffer et les records de tomber.

La principale incertitude climatique reste ce que l'humanité décidera de faire face à cette inéluctable réalité.