C'est une prédiction qui a l'effet d'une douche froide dans la Silicon Valley. Sebastian Mallaby, économiste et observateur aguerri des marchés tech, affirme dans une analyse cinglante qu'OpenAI, l'entreprise derrière le phénomène ChatGPT, court à sa perte.

Il ne lui donne pas plus de 18 mois avant de manquer de liquidités. Une analyse qui ne remet pas en cause la technologie, mais bien le modèle économique intenable de son plus célèbre porte-étendard.

Pourquoi le succès de ChatGPT ne garantit-il pas la survie d'OpenAI ?

Le paradoxe est total. OpenAI a déclenché une vague mondiale, mais l'entreprise brûle du cash à une vitesse vertigineuse. Selon les estimations, plus de 8 milliards de dollars par an. Le problème fondamental n'est pas technologique, il est purement financier.

Sam Altman

Contrairement à Google, Microsoft ou Meta, qui peuvent financer leurs recherches en IA grâce à des revenus pharaoniques issus d'autres activités, OpenAI ne dispose pas de ce matelas de sécurité. L'entreprise est prise dans une spirale où elle doit dépenser des sommes folles en infrastructures, avec un engagement rapporté de 1,4 trillion de dollars, sans avoir de rentabilité tangible en face.

Comment expliquer l'écart entre l'adoption de l'IA et son retour sur investissement ?

L'argumentaire de Mallaby s'appuie sur deux études aux conclusions opposées. D'un côté, une étude du MIT NANDA révèle que 95% des entreprises n'obtiennent aucun retour sur investissement de leurs projets d'IA. Les outils ne s'adaptent pas, n'apprennent pas du feedback et restent trop souvent au stade expérimental.

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De l'autre, une enquête de Wharton-GBK montre que 75% des dirigeants américains constatent des retours positifs. La nuance est cruciale : le MIT mesure une transformation structurelle, là où Wharton documente des gains d'efficacité sur des tâches existantes. L'IA améliore, mais ne bouleverse pas encore assez pour justifier de telles dépenses, illustrant le dilemme de la faillite potentielle de la société.

Quel est le scénario le plus probable pour l'avenir d'OpenAI ?

Face à ce mur financier, la monétisation reste l'obstacle majeur. La grande majorité des utilisateurs se contentent des versions gratuites de ChatGPT et de ses concurrents, jugées largement suffisantes. L'incitation à souscrire un abonnement payant reste faible pour le commun des mortels.

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La conclusion de Mallaby est donc sans appel. Sans revenus suffisants, OpenAI sera contrainte de se vendre. Son destin le plus probable est d'être absorbé par un géant comme Microsoft, déjà actionnaire majeur, ou Amazon. L'intelligence artificielle triomphera, mais son pionnier le plus médiatisé pourrait n'être qu'une simple note de bas de page dans l'histoire qu'il a lui-même initiée.

Foire Aux Questions (FAQ)

Qui prédit la faillite d'OpenAI ?

C'est l'économiste Sebastian Mallaby, senior fellow au Council on Foreign Relations, dans une analyse largement commentée et publiée dans le New York Times. Il ne critique pas la technologie, mais son modèle économique.

Quels sont les chiffres clés de la situation financière d'OpenAI ?

L'entreprise a réalisé une levée de fonds record de 40 milliards de dollars en mars 2024. Cependant, elle consommerait plus de 8 milliards par an et se serait engagée sur des dépenses d'infrastructure atteignant 1,4 trillion de dollars.

L'échec d'OpenAI signifierait-il l'échec de l'IA ?

Non, au contraire. Sebastian Mallaby est convaincu du succès et de la pertinence de la technologie. Il estime simplement que le modèle économique d'OpenAI, en tant qu'entité indépendante, n'est pas viable à long terme sans les revenus annexes d'un géant de la tech.