Après une année 2025 faste, portée par la fin de vie de Windows 10 et un cycle de renouvellement dynamique, le marché du PC s'apprête à entrer dans une zone de turbulences majeure. Les analystes d'IDC et d'Omdia sont formels : les douze prochains mois seront marqués par une instabilité des prix sans précédent.
Jean Philippe Bouchard, vice-président de la recherche chez IDC, prévient que le paysage informatique de 2026 sera radicalement différent, et la situation évolue à une vitesse alarmante.
Pourquoi l'intelligence artificielle est-elle responsable ?
Le principal coupable de ce bouleversement est une pénurie critique de mémoire DRAM. Ce composant, essentiel au fonctionnement de nos ordinateurs, est actuellement dévoré par les géants de l'intelligence artificielle pour alimenter leurs centres de données. Les fabricants de puces, logiquement attirés par les marges plus confortables offertes par le secteur de l'IA, réorientent leur production au détriment du grand public.
The reason why RAM has become four times more expensive is that a huge amount of RAM that has not yet been produced was purchased with non-existent money to be installed in GPUs that also have not yet been produced, in order to place them in data centers that have not yet been…
— jatin (@jatinkrmalik) January 9, 2026
Cette concurrence féroce pour les mêmes ressources provoque une envolée des coûts de production qui se répercute déjà sur le prix final des machines et des composants individuels. La situation est encore plus tendue que lors de la crise du Covid, aggravée à l'époque par l'engouement pour la cryptomonnaie. Aujourd'hui, un nouvel acteur est aux commandes.
Quelles conséquences pour les consommateurs ?
La première conséquence, la plus directe, est financière. La flambée des prix est déjà une réalité : un kit de 32 Go de RAM DDR5 coûte aujourd'hui plus cher qu'une console de jeu comme la PlayStation 5, alors qu'il se négociait autour de 120 € en 2024. Mais au-delà de l'impact sur le portefeuille, cette pénurie pourrait entraîner un nivellement des performances vers le bas.
Pour préserver leurs stocks et maintenir des tarifs acceptables, les constructeurs pourraient être tentés de réduire la quantité de mémoire vive embarquée dans leurs modèles standards. On assisterait alors à l'arrivée d'ordinateurs neufs moins performants que leurs prédécesseurs, une situation aussi inédite que chaotique pour les consommateurs qui risquent de payer plus cher pour moins bien.
Quand faut-il acheter son nouvel ordinateur ?
Face à ces sombres prévisions, la recommandation est sans équivoque : si vous envisagez de changer de machine, c’est maintenant ou dans deux ans. L'année 2025 s'est achevée sur d'excellents chiffres, notamment pour Lenovo qui a expédié 19,3 millions de PC au dernier trimestre. Ces stocks de modèles 2025, performants et à des prix encore stables, sont actuellement disponibles chez les revendeurs.
Profiter des soldes et des déstockages pour faire place aux nouveautés 2026 est la stratégie la plus judicieuse. Les nouveaux modèles, eux, seront inévitablement frappés par cette hausse de plein fouet. Les amateurs de montage de PC sont également concernés, car le prix des composants vendus au détail risque de rendre leurs projets prohibitifs.
Foire Aux Questions (FAQ)
Quels composants sont les plus affectés par cette crise ?
La mémoire vive (DRAM) est au cœur de la tempête, car elle est massivement utilisée dans les serveurs d'IA. Cependant, les cartes graphiques (GPU), également très demandées, pourraient suivre une trajectoire similaire, créant une tension sur l'ensemble des pièces maîtresses d'un ordinateur.
Toutes les marques de PC seront-elles touchées de la même manière ?
Non, la crise risque de créer un marché à deux vitesses. Les géants comme Lenovo, HP, Dell et ASUS disposent d'accords de priorité et d'une solidité financière leur permettant de mieux absorber le choc. En revanche, les marques plus modestes pourraient avoir de grandes difficultés à s'approvisionner et survivre à cette volatilité.
Combien de temps cette hausse des prix va-t-elle durer ?
Les experts d'IDC prévoient au moins douze mois d'instabilité. La situation ne devrait pas se calmer tant que la "ruée vers l'or" de l'intelligence artificielle n'aura pas atteint un plateau, permettant aux chaînes de production de s'adapter et de répondre à nouveau à la demande du marché grand public.