Lors de sa première apparition publique, IRON, le robot humanoïde du constructeur chinois Xpeng, a lourdement chuté sur scène.
Cette défaillance devenue virale soulève des questions sur la maturité de la robotique humanoïde et les défis colossaux qui attendent les entreprises lancées dans cette course technologique effrénée.
Une entrée en scène et une sortie... remarquées
Le décor était planté dans un centre commercial de Shenzhen, dans le sud de la Chine. Devant une foule curieuse, le robot IRON, haut de 178 cm et vêtu d'un costume noir, a entamé une démarche fluide, presque féline, digne d'un podium de mode.
C'est après cette démonstration de marche réussie, alors qu'il se tournait pour saluer le public, que l'inattendu s'est produit. Le robot a perdu l'équilibre, basculant lourdement en avant sous les exclamations surprises de l'audience. Le personnel s'est précipité, mais trop tard pour éviter la chute.
He Xiaopeng, chairman and CEO of Xpeng Motors, yesterday addressed the incident where the Chinese NEV maker's humanoid robot Iron fell unexpectedly while standing during its first public offline debut at Mixc in Shenzhen Bay on Jan. 31, saying that it reminds him of how all… pic.twitter.com/nDwKOrypTz
— Yicai 第一财经 (@yicaichina) February 2, 2026
L'incident, capturé par des dizaines de smartphones, a été rapidement suivi d'une tentative de minimisation de la part de l'animateur, expliquant que les robots, comme les humains, doivent "surmonter des revers".
Après quelques ajustements en coulisses, IRON est revenu interagir avec des enfants, mais la suite de la démonstration s'est faite avec une prudence notable : le lendemain, le robot était attaché à un cadre de sécurité, sans aucune tentative de marche autonome.
C'est un rappel brutal pour Xpeng, qui ambitionne de se diversifier au-delà du véhicule électrique dans un secteur extrêmement compétitif.
La Toile s'enflamme : entre moqueries et philosophie
Comme on pouvait s'y attendre, les images de la chute ont envahi les réseaux sociaux chinois. Le sujet "Le robot de Xpeng est tombé à ses débuts et a été emporté" a cumulé près de 10 millions de vues en quelques jours sur la plateforme RedNote.
Les réactions ont oscillé entre critiques acerbes et humour. Certains internautes ont tourné en dérision l'incapacité du robot à se relever seul, tandis que d'autres y ont vu une métaphore amusante de leur propre quotidien, comparant la chute à un réveil difficile pour un cours à 8 heures du matin.
Face au buzz, le PDG de Xpeng, He Xiaopeng, a réagi sur Weibo avec une analogie bien sentie. Il a comparé l'incident à "des enfants qui apprennent à marche", affirmant qu'après une chute, "ils se stabilisent, et la prochaine étape est de commencer à courir et de continuer à courir".
Une manière de transformer un échec de communication en une leçon sur la persévérance technologique. Paradoxalement, un vice-président de l'entreprise a même suggéré que la chute avait au moins un mérite : celui de dissiper les soupçons que le robot IRON était en réalité un humain déguisé.
Au-delà de la chute, les défis de la robotique humanoïde
Cet événement met en lumière le fossé qui sépare encore les simulations de la réalité. Le robot humanoïde IRON est pourtant une merveille de technologie, doté de 62 articulations actives, d'une colonne vertébrale à cinq degrés de liberté et de mains capables de manipulations délicates.
Sa structure interne, inspirée du système musculaire humain et recouverte d'une peau synthétique, vise à rendre ses mouvements plus fluides et son interaction plus naturelle. Mais la gestion de l'équilibre bipède en temps réel reste un défi immense.
L'incident n'est pas isolé. D'autres déboires récents en Chine, comme des robots trébuchant lors d'un semi-marathon, rappellent que la route est longue.
Alors que Xpeng maintient ses ambitieux objectifs de déploiement en masse pour 2026, notamment dans le secteur de la vente au détail, cette chute publique vient rappeler que chaque pas, même le plus simple en apparence, est une victoire technologique.
La question demeure : cet échec public servira-t-il de catalyseur pour accélérer les progrès ou marquera-t-il une pause dans la confiance du public et des investisseurs ?