Le paysage de la vente en ligne de services financiers s'apprête à connaître une mise à jour significative. Une ordonnance parue au Journal officiel, qui transpose une directive européenne de novembre 2023, vient durcir les règles pour les entreprises proposant des assurances, des prêts ou encore des solutions de paiement à distance. L'objectif est clair : offrir une protection accrue aux consommateurs face à des pratiques parfois opaques. Ces nouvelles mesures entreront en vigueur à compter du 19 juin 2026.
Comment le droit de rétractation sera-t-il simplifié ?
La principale avancée de cette réglementation concerne la simplification drastique du processus de rétractation. Fini la chasse aux informations et les parcours du combattant pour annuler un contrat fraîchement souscrit en ligne. Les entreprises auront désormais l'obligation de mettre à disposition sur leur site web une fonctionnalité « facile, directe et permanente » pour permettre aux clients d'exercer leur droit.
Concrètement, cela se traduira par l'apparition d'un « bouton de rétractation en un clic ». Cette fonctionnalité devra être clairement identifiable, grâce à une formule sans ambiguïté comme « renoncer au contrat ». L'exercice de ce droit devra être entièrement gratuit et réalisable dans les délais légaux prévus, directement depuis l'interface numérique du professionnel.
Quelles nouvelles obligations d'information pèseront sur les professionnels ?
Le devoir d'information des professionnels est considérablement renforcé par ce nouveau texte. Avant même la signature de tout contrat, les sociétés devront fournir gratuitement des « explications adéquates » sur les services financiers qu'elles proposent. Cette mesure vise à garantir que le consommateur comprend parfaitement la nature de son engagement et ses implications.
Ces explications devront inclure des détails cruciaux sur les conséquences d'un défaut ou d'un retard de paiement, comme les indemnités qui peuvent lourdement impacter le budget des ménages. De plus, pour tout démarchage téléphonique, une « vente en deux temps » est désormais instaurée. L'accord oral initial devra obligatoirement être suivi d'une confirmation signée, qu'elle soit numérique ou papier, pour valider l'engagement du client.
Comment les interfaces en ligne seront-elles mieux encadrées ?
La nouvelle réglementation s'attaque de front aux « dark patterns », ces designs d'interface volontairement complexes ou trompeurs conçus pour influencer les choix de l'utilisateur. Le texte stipule explicitement que les sites web et les applications ne devront pas être conçus « de façon à tromper ou à manipuler les consommateurs ».
L'objectif est d'empêcher toute manœuvre qui pourrait « altérer ou entraver substantiellement » la capacité des clients à prendre des décisions libres et éclairées. Par ailleurs, la loi garantit un recours humain : si des outils en ligne comme des chatbots sont utilisés, le consommateur devra toujours avoir la possibilité de contacter et de dialoguer avec une personne humaine pour formuler une demande ou une réclamation.