Le marché français des télécoms est de nouveau en pleine ébullition. Trois mois après une première proposition jugée insuffisante par Patrick Drahi, le trio composé d'Orange, Free et Bouygues Telecom revient à la charge pour acquérir son concurrent SFR, propriété du groupe Altice.

Une nouvelle phase de discussions s'ouvre, potentiellement décisive pour l'avenir du secteur, même si les scénarios restent ouverts.

Une offre revue à la hausse pour convaincre

La première proposition, déposée en octobre à 17 milliards d'euros pour 80% des actifs, avait été rapidement écartée par Altice. Aujourd'hui, le consortium a signifié sa volonté d'augmenter substantiellement sa proposition, la portant aux alentours de 20 milliards d'euros.

Ce geste financier important, confirmé par un communiqué commun des opérateurs, semble avoir changé la donne pour le SFR.

En réponse, Patrick Drahi a autorisé ses concurrents à accéder aux données confidentielles de l'opérateur. Cette étape, connue sous le nom de due diligence, est un passage obligé dans toute acquisition de cette envergure.

Elle permet aux acheteurs potentiels de vérifier la santé comptable, juridique et fiscale de l'entreprise avant de formuler une offre engageante ferme.

Quel calendrier pour une opération complexe ?

Les trois opérateurs ne perdent pas de temps. Leur objectif est de finaliser cet audit approfondi pour déposer une offre ferme d'ici la fin du mois de mars. Cette accélération vise à notifier l'opération à l'Autorité de la concurrence le plus rapidement possible, marquant le début d'un long processus réglementaire.

Le gendarme de la concurrence, présidé par Benoît Cœuré, a déjà prévenu que l'examen d'un tel dossier prendrait au minimum un an.

L'enjeu pour le consortium est de boucler le rachat avant l'élection présidentielle d'avril 2027, afin d'éviter que le dossier ne soit paralysé par des considérations politiques.

Un démantèlement stratégique et des inquiétudes

Si l'opération aboutit, elle ne signifiera pas une simple fusion. Le plan prévoit un partage méticuleux des actifs de SFR. Bouygues Telecom et Iliad (Free) reprendraient les activités dédiées aux entreprises, un segment clé, tandis que le portefeuille de clients particuliers et les infrastructures seraient répartis entre les trois acquéreurs.

Cette perspective de consolidation, ramenant le marché à trois acteurs majeurs, n'est pas sans susciter des craintes légitimes. Les salariés de SFR s'inquiètent pour la pérennité de leurs emplois, tandis que les consommateurs redoutent une potentielle hausse des tarifs due à une concurrence amoindrie. Le chemin vers une validation définitive est encore semé d'obstacles.