Un satellite chinois, lancé sans coordination préalable, a frôlé un satellite de la constellation Starlink à seulement 200 mètres de distance, déclenchant les alertes de proximité.

Cet incident, dénoncé par un cadre de SpaceX, met en lumière les risques grandissants liés à la congestion de l'orbite terrestre basse et l'urgence d'une coopération internationale pour éviter une catastrophe.

Un incident qui expose des failles béantes

La tension est montée d'un cran dans la nouvelle course à l'espace. Michael Nicolls, vice-président de l'ingénierie Starlink chez SpaceX, a révélé qu'un des neuf satellites déployés par une fusée chinoise Kinetica 1 le 9 décembre dernier s'est approché de manière dangereuse du satellite STARLINK-6079.

Le frôlement s'est produit à 560 km d'altitude, avec une distance de séparation d'à peine 200 mètres, un cheveu à l'échelle cosmique.

Selon SpaceX, le cœur du problème réside dans un manque de coordination flagrant. L'entreprise affirme qu'aucune donnée de trajectoire, ou éphéméride, n'a été partagée par l'opérateur chinois avant ou après le lancement.

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Sans ces informations cruciales, les systèmes anticollision automatisés, aussi sophistiqués soient-ils, naviguent à l'aveugle, rendant une collision potentiellement inévitable.

CAS Space se défend, mais le doute persiste

Face à ces accusations, la société commerciale chinoise CAS Space, responsable du lancement, a réagi sur les réseaux sociaux. L'entreprise assure que toutes ses missions respectent une procédure obligatoire de vérification pour éviter les débris et satellites connus.

Elle tente également de minimiser sa responsabilité en soulignant que l'incident a eu lieu près de 48 heures après la séparation des charges utiles, considérant sa mission comme "terminée".

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Cependant, cette défense peine à convaincre tous les experts. Jonathan McDowell, astronome et spécialiste du suivi satellitaire, a confirmé la proximité de l'approche grâce aux données de l'US Space Force.

Il souligne que le vrai problème est souvent le délai dans la publication des données orbitales pour les nouveaux objets. Ce n'est donc pas tant la faute d'un seul acteur qu'une faille systémique dans la surveillance de l'espace.

Le syndrome de Kessler, une menace bien réelle

Cet événement n'est pas anecdotique, il est le symptôme d'un mal bien plus profond : l'encombrement critique de l'orbite terrestre basse.

Avec près de 9 300 satellites actifs pour la seule constellation Starlink et des dizaines de milliers d'autres engins prévus d'ici la fin de la décennie, chaque lancement non coordonné augmente le risque d'une collision initiale.

Une telle collision pourrait déclencher le redouté syndrome de Kessler, une réaction en chaîne dévastatrice où les débris d'un impact en créent d'autres, rendant des pans entiers de l'orbite inutilisables pour des générations.

L'incident met en évidence l'urgence criante d'établir un système international de surveillance et de coordination, transparent et obligatoire pour tous les acteurs, sans quoi l'accès à l'espace lui-même pourrait être compromis.