L'ère de la croissance ininterrompue semble bel et bien révolue pour le géant du véhicule électrique. Après une décennie de domination et une ascension fulgurante, l'entreprise dirigée par Elon Musk fait face à une nouvelle réalité économique et concurrentielle.

Les résultats du quatrième trimestre 2025 viennent confirmer une dynamique complexe, où les succès d'hier ne garantissent plus les triomphes de demain.

Des chiffres en deçà des attentes

Le verdict des chiffres est sans appel. Au quatrième trimestre 2025, Tesla a livré 418 227 véhicules, un chiffre en baisse de près de 16 % par rapport à la même période en 2024.

Tesla Model Y Juniper final

Cette performance est inférieure aux attentes des analystes, qui tablaient sur un consensus autour de 426 000 unités. Les modèles d'entrée de gamme, la Model 3 et le Model Y, représentent toujours l'écrasante majorité des ventes avec 406 585 unités, tandis que les modèles plus onéreux comme le Model S, le Model X et le très médiatisé Cybertruck peinent à convaincre avec seulement 11 642 livraisons combinées.

Sur l'ensemble de l'année 2025, la tendance se confirme avec un total de 1,64 million de véhicules livrés, soit une chute de 8,6 % par rapport à 2024. C'est la deuxième année de déclin pour la firme, qui avait atteint son pic en 2023.

Seule lueur d'espoir dans ce tableau, la division énergie du groupe a déployé un volume record de 14,2 GWh de batteries, un succès qui ne suffit cependant pas à compenser le ralentissement de son activité principale.

Une tempête de facteurs contraires

Plusieurs éléments expliquent cette contre-performance. Aux États-Unis, la fin anticipée du crédit d'impôt fédéral de 7 500 dollars en septembre a provoqué un appel d'air sur les ventes du troisième trimestre, laissant un vide pour la fin de l'année.

Mais le défi le plus important vient de la concurrence accrue sur les marchés clés. En Chine, le constructeur BYD a officiellement ravi à Tesla le titre de plus grand vendeur mondial de véhicules électriques sur l'année, avec une croissance de 28 %.

BYD Seal U hybride

En Europe, la situation est encore plus délicate. Les données de l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) montrent une perte de parts de marché significative, avec une chute des immatriculations de 39 % sur les onze premiers mois de 2025.

Cette désaffection est en partie attribuée au contrecoup des prises de position politiques controversées d'Elon Musk, qui ont suscité une réaction négative chez une partie des consommateurs américains et européens, malgré le lancement d'une version plus abordable du Model Y.

Le pari de l'IA pour masquer les doutes ?

Face à un marché automobile de plus en plus difficile, la stratégie de l'entreprise semble pivoter. La valorisation boursière de Tesla, toujours astronomique, repose de moins en moins sur ses ventes de voitures et de plus en plus sur la promesse d'un avenir dominé par l'intelligence artificielle.

Tesla Robotaxi

Elon Musk met désormais l'accent sur des projets futuristes comme les robotaxis autonomes et les robots humanoïdes Optimus pour convaincre les investisseurs que la véritable valeur de l'entreprise est ailleurs.

Cette vision a été renforcée par l'approbation d'un nouveau plan de rémunération colossal pour son dirigeant, conditionné à l'atteinte d'objectifs de production et de déploiement de logiciels de conduite entièrement autonome.

Le message est clair : les livraisons actuelles ne seraient qu'un prélude. Reste à savoir si cette fuite en avant technologique suffira à maintenir la confiance des actionnaires, alors que la présentation des résultats financiers complets, prévue pour le 28 janvier, sera scrutée de très près.