Une vague de suspicion déferle sur TikTok aux États-Unis. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a décidé de lancer une enquête pour déterminer si la plateforme censure délibérément les contenus critiques envers l'administration Trump.
Cette initiative fait suite à de nombreux témoignages d'utilisateurs, dont des personnalités publiques, qui ont signalé des bugs et une portée limitée pour leurs publications visant le président des États-Unis ou le service de l'immigration et des douanes (ICE).
Quelle est l'origine de ces accusations de censure ?
L'affaire a éclaté après que plusieurs utilisateurs ont signalé des problèmes techniques inhabituels. Certains n'ont pas pu envoyer de messages directs contenant le mot " Epstein ", tandis que d'autres ont vu leurs vidéos sur un projet de loi visant l'ICE stagner à zéro vue.
Ces incidents coïncident avec la mort tragique d'Alex Pretti, un infirmier tué par un agent de l'ICE à Minneapolis, un sujet que de nombreux créateurs ont eu du mal à aborder sur la plateforme.
L'équipe du gouverneur Gavin Newsom a affirmé avoir " confirmé de manière indépendante des cas de suppression de contenu critique à l'égard du président Donald Trump ", ce qui a motivé l'appel au procureur général de l'État pour vérifier si la loi californienne a été violée.
NEW: Following TikTok’s sale to a Trump-aligned business group, our office has received reports — and independently confirmed instances — of suppressed content critical of President Trump. @CAGovernor Gavin Newsom is launching a review of this conduct and is calling on the… https://t.co/D6vQ890gO8
— Governor Newsom Press Office (@GovPressOffice) January 27, 2026
Comment TikTok justifie-t-il ces dysfonctionnements ?
Face à la controverse grandissante, TikTok a nié toute intention de censure. La direction de l'entreprise a attribué les nombreux bugs, les temps de chargement ralentis et les échecs de publication à une " panne d'électricité dans l'un de ses centres de données américains ".
Une porte-parole a insisté sur le fait qu'il était " inexact de rapporter qu'il s'agit d'autre chose que des problèmes techniques que nous avons confirmés en toute transparence ".
La nouvelle entité américaine, TikTok USDS Joint Venture, a également rejeté les allégations, précisant que des vidéos sur la mort d'Alex Pretti étaient disponibles depuis le début des événements. Elle a ajouté qu'aucune règle n'interdisait l'usage du nom " Epstein " dans les messages privés et qu'une enquête interne était en cours pour comprendre l'origine de ce blocage spécifique.
Un contexte qui alimente la méfiance
Le timing de ces incidents est particulièrement sensible. Ils surviennent quelques jours seulement après que la société mère chinoise de TikTok, ByteDance, a finalisé la cession de ses activités américaines à une nouvelle coentreprise.
Dans cette nouvelle structure, des investisseurs comme Oracle, Silver Lake et le fonds émirati MGX détiennent une part majoritaire, tandis que ByteDance ne conserve que 19,9 %.
Or, le cofondateur d'Oracle, Larry Ellison, est un soutien notoire de Donald Trump, et la présence de la société dans le capital de TikTok USDS Joint Venture suscite des craintes de partialité politique.
Bien que la nouvelle entité assure ne pas avoir encore modifié l'algorithme, cette restructuration, initialement conçue pour apaiser les craintes de sécurité nationale, alimente désormais des soupçons de censure idéologique.