Des élus démocrates, menés par Elizabeth Warren, demandent à la FTC d'enquêter sur Trump Mobile. L'entreprise des fils Trump est accusée de pratiques commerciales trompeuses concernant son smartphone T1, notamment sur son origine « Made in the USA » et ses multiples retards de livraison malgré des acomptes versés par les clients, ce qui pourrait constituer une violation de la loi sur la protection des consommateurs.
Le projet, porté par les fils aînés de Donald Trump, Eric et Donald Jr., a été annoncé en juin avec la promesse d'un smartphone T1 doré, orné d'un drapeau américain.
L'entreprise a rapidement commencé à accepter des dépôts de 100 dollars pour un appareil vendu à 499 dollars, mais l'enthousiasme initial a laissé place à une série de questions et de doutes grandissants.
Une promesse d'origine américaine qui s'évapore ?
Au cœur de la controverse se trouve l'argument marketing principal de Trump Mobile : l'origine de fabrication de son téléphone. Le site web affichait fièrement la mention « Made in the USA » lors du lancement, un label très réglementé par la Federal Trade Commission (FTC) qui impose des normes strictes. Violer ces règles peut entraîner des sanctions civiles pour pratiques commerciales trompeuses.
Pourtant, quelques semaines seulement après l'annonce, cette affirmation a discrètement disparu du site, remplacée par des slogans plus vagues comme « American-proud design ».
Cette volte-face sème le trouble, d'autant que des opérateurs du service client ont continué d'affirmer par téléphone que l'appareil serait bien fabriqué aux États-Unis.
Ces contradictions flagrantes alimentent les soupçons, surtout que l'entreprise vend par ailleurs des appareils reconditionnés de marques dont la production est notoirement localisée en Asie.
Des retards en cascade et des clients dans l'attente
Au-delà de l'étiquetage, c'est le calendrier de livraison de son produit phare, le T1, qui a viré au casse-tête. Initialement promises pour août 2025, les livraisons ont connu des multiples reports, d'abord à octobre, puis à la fin de l'année 2025, pour être finalement repoussées au premier trimestre 2026. Pendant ce temps, les clients ayant versé un acompte restent dans l'incertitude la plus totale.
Pour justifier ces délais, l'entreprise a notamment invoqué le blocage gouvernemental (government shutdown), une explication qui peine à convaincre. De nombreux experts du secteur technologique expriment leur scepticisme face à la viabilité du projet, suggérant que ses initiateurs ont peut-être sous-estimé la complexité de l'industrie.
L'un d'eux a résumé la situation en déclarant qu'ils découvraient probablement que construire un téléphone est « plus difficile qu'ils ne le pensaient ».
L'indépendance de la FTC mise à l'épreuve
Face à cette situation, un groupe de 11 élus démocrates a décidé de passer à l'action. Co-dirigée par la sénatrice Elizabeth Warren et le représentant Robert Garcia, la lettre envoyée à la FTC demande formellement l'ouverture d'une enquête sur Trump Mobile pour « fausse publicité et pratiques trompeuses ».
Cette démarche politique met une pression considérable sur l'agence fédérale. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a même publiquement qualifié l'affaire de « FRAUDE ! » (reprenant le style en majuscules de Donald Trump) sur les réseaux sociaux.
La réponse de la FTC servira de test critique de son indépendance, alors qu'elle doit se prononcer sur une entreprise directement liée à la famille du président des États-Unis, soulevant des questions de potentiels conflits d'intérêts.