David Michaud-Cromp, un chef d'équipe sur le level design au sein du studio d'Ubisoft Montréal, a été informé de son licenciement immédiat. La nouvelle, qu'il a lui-même partagée sur LinkedIn, n'est pas une surprise totale mais marque l'épilogue d'un conflit larvé entre la direction et une partie de ses employés sur les nouvelles conditions de travail. Au cœur du débat : l'obligation de revenir au bureau cinq jours par semaine, une mesure qui a suscité de vives réactions en interne.

Quelle a été l'escalade des événements ?

Tout a commencé par une prise de parole publique. Le 23 janvier, David Michaud-Cromp exprime son désaccord sur LinkedIn concernant la nouvelle politique de retour au bureau imposée par la direction d'Ubisoft. Il y défendait les bienfaits du travail à distance, citant une meilleure inclusion des profils moins extravertis et une capitalisation des connaissances plus efficace grâce aux échanges écrits.

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La réaction de l'entreprise ne s'est pas fait attendre. Cinq jours plus tard, l'employé annonçait avoir écopé d'une suspension disciplinaire de trois jours sans solde pour ses commentaires. Une mesure perçue comme un avertissement sévère, qui s'est finalement transformée en une décision de rupture de contrat définitive, confirmant une ligne de fermeté de la part de l'éditeur.

Comment Ubisoft justifie-t-il cette décision ?

Sollicité par plusieurs médias, Ubisoft a fourni une réponse calibrée, sans jamais nommer directement l'employé. Le porte-parole de l'entreprise a insisté sur le fait que "partager des retours ou des opinions de manière respectueuse ne conduit pas à un licenciement". La firme met en avant son Code de Conduite, signé chaque année par les salariés, qui définit les attentes en matière de collaboration "sûre et respectueuse".

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Selon l'entreprise, c'est la violation de ce code qui déclenche des procédures établies, pouvant aller jusqu'à la sanction la plus lourde en cas de "nature, sévérité et répétition de la violation". Cette communication officielle laisse entendre que les critiques de Michaud-Cromp auraient dépassé le cadre du feedback acceptable, une interprétation que les faits ne permettent pas de confirmer objectivement.

Ce licenciement est-il un cas isolé ?

Difficile de ne pas replacer cet événement dans le climat social délétère qui règne chez Ubisoft depuis plusieurs mois. Ce licenciement intervient dans le sillage d'une restructuration globale financée en partie par Tencent, qui a déjà entraîné l'annulation de plusieurs jeux et des vagues de départs.

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Plus troublant encore, la fermeture du studio d'Ubisoft Halifax a eu lieu peu de temps après que ses employés se soient syndiqués. Ajoutons à cela les appels à la grève lancés par des syndicats français pour dénoncer une "politique d'économies de bouts de chandelle" et une dégradation des conditions de travail. Si la direction peut plaider la coïncidence, l'accumulation de ces faits dessine le portrait d'une entreprise en pleine crise de confiance avec ses équipes.

Foire Aux Questions (FAQ)

Pourquoi David Michaud-Cromp a-t-il été licencié ?

Officiellement, Ubisoft évoque une violation de son Code de Conduite. Cependant, le contexte suggère fortement que son licenciement est la conséquence directe de sa critique publique sur LinkedIn de la politique de retour au bureau obligatoire de l'entreprise, après une première sanction sous forme de suspension.

Quelle était la politique de retour au bureau critiquée ?

Dans le cadre de sa restructuration, Ubisoft a décidé d'imposer à tous ses employés un retour au bureau à temps plein, soit cinq jours par semaine. Cette mesure a mis fin à la flexibilité du télétravail mise en place durant la pandémie et a été mal accueillie par de nombreux développeurs.

Quels étaient les arguments de l'employé en faveur du télétravail ?

Selon ses déclarations, David Michaud-Cromp estimait que le travail à distance ou hybride était efficace lorsque les objectifs sont clairs et la confiance installée. Il soulignait que le télétravail favorise l'inclusion des personnes moins vocales, améliore la documentation des décisions et permet de construire une base de connaissances durable pour les équipes.