Le charme des assiettes fleuries et des plats chinés en brocante est indéniable. Cette mode du vintage, qui peuple nos tables et nos réseaux sociaux, cache pourtant une réalité beaucoup moins glamour.
Une enquête relayée par 60 Millions de consommateurs met en lumière un danger sournois : la présence de métaux lourds toxiques dans ces objets du passé, un héritage potentiellement dangereux pour notre santé.
Pourquoi cette vaisselle est-elle si risquée ?
Le cœur du problème réside dans les techniques de fabrication d'une époque révolue. Principalement pour la vaisselle produite entre le début du XXe siècle et les années 1950, la cuisson de la faïence se faisait à basse température. Pour obtenir des couleurs vives et durables, comme les rouges-orangés ou des décors éclatants, l'ajout de métaux lourds dans les émaux était une pratique courante et nécessaire.
Comme le soulignent Éric Swanet, ingénieur chimiste, et Joëlle Swanet, professeure de technologie céramique, une bonne partie des centaines d'échantillons analysés chaque année se révèlent problématiques. Le danger ne disparaît pas avec le temps. La migration chimique de ces substances vers les aliments est un processus lent mais continu, qui n'est absolument pas affecté par l'état de conservation de la vaisselle, qu'elle soit fêlée ou en parfait état apparent.
Quels sont les véritables dangers pour la santé ?
Deux substances sont particulièrement pointées du doigt : le cadmium et surtout le plomb. L'intoxication au plomb, ou saturnisme, est un trouble grave qui peut provoquer des maux de tête, des troubles digestifs, de la fatigue, mais aussi des troubles neurologiques et de l'hypertension artérielle. Les effets sont particulièrement dévastateurs chez les enfants, pouvant entraîner des retards de croissance et des difficultés d'apprentissage.
Le cadmium, quant à lui, est classé comme cancérogène et toxique pour la reproduction. Il est principalement présent dans les émaux aux teintes rouge-orangé. Ces risques sanitaires sont documentés et pris très au sérieux, au point que plusieurs cas d'intoxications sévères ont été directement liés à l'usage régulier de céramiques anciennes. La menace est donc loin d'être anecdotique.
Comment limiter les risques au quotidien ?
Les experts recommandent de revoir drastiquement l'usage de cette vaisselle. La première étape pour éviter la contamination est de ne plus utiliser ces pièces pour un usage quotidien. Il faut particulièrement se méfier des aliments acides (citron, vinaigre, tomates) et des plats chauds, qui favorisent et accélèrent la migration des métaux toxiques de l'émail vers la nourriture.
Alors, que faire de ces trésors de famille ? L'idéal est de les cantonner à un rôle purement décoratif. Si vous souhaitez tout de même les utiliser, les experts suggèrent de limiter leur usage à la présentation d'aliments qui seront épluchés, comme des fruits. Certaines marques, comme la marque belge Bosch, sont particulièrement citées pour les niveaux élevés de substances toxiques utilisées à l'époque, mais de nombreuses autres productions de cette période sont concernées.
Foire Aux Questions (FAQ)
Toute la vaisselle ancienne est-elle dangereuse ?
Non, toutes les pièces ne sont pas problématiques. Cependant, une part importante de la vaisselle fabriquée avant les années 1950 présente un risque élevé en raison des méthodes de fabrication de l'époque qui incluaient des métaux lourds dans les émaux pour la coloration et la brillance.
Une assiette ébréchée est-elle plus dangereuse ?
Contrairement à une idée reçue, l'état de la vaisselle (fêlée, ébréchée ou intacte) ne change rien au phénomène. Le plomb, par exemple, ne s'épuise pas et peut migrer dans les aliments tant que l'émail est présent sur la surface.
Peut-on continuer à utiliser ces objets ?
Il est fortement déconseillé de les utiliser pour servir des aliments, surtout s'ils sont chauds ou acides. Le meilleur usage reste la décoration. Pour une utilisation minimale, réservez-les à des aliments non acides et sans contact prolongé, comme des fruits à éplucher.