C'est un coup d'accélérateur notable dans la quête d'autonomie stratégique de la France. Face à l'omniprésence des logiciels américains comme Teams, Zoom ou Google Meet, l'État a décidé de passer à la vitesse supérieure. Le ministre de la Fonction publique, David Amiel, a officialisé le déploiement progressif d'une alternative nationale pour l'ensemble de l'administration. L'échéance est fixée : 2027.

Ce projet s'inscrit dans une démarche plus large visant à "continuer ce sevrage avec détermination", selon les mots du ministre.

Pourquoi la France lance-t-elle sa propre application de visioconférence ?

Pour le ministre de la Fonction publique, pas de demi mesure : il s'agit d'un véritable sevrage numérique. Le gouvernement entend sortir d'une dépendance jugée critique envers des acteurs non-européens, une situation exacerbée depuis la crise sanitaire et la généralisation du télétravail. L'application, baptisée Visio, a été développée en interne par la Direction interministérielle du numérique (Dinum).

Visio

L'enjeu est double. Il s'agit d'abord d'une question de sécurité des échanges et de protection des données sensibles. Ensuite, l'État compte bien reprendre le contrôle de ses dépenses en cessant de renouveler des licences coûteuses auprès de géants technologiques étrangers. La solution a déjà fait ses preuves, puisqu'elle a été testée auprès de 40 000 agents ces derniers mois.

Quels sont les avantages attendus de cette solution souveraine ?

Au-delà de la maîtrise technologique, les bénéfices sont concrets. Le premier est d'ordre financier. Le ministre évoque une économie de "plusieurs millions d'euros par an", un budget qui pourra être réalloué à d'autres priorités. Cette initiative renforce également l'écosystème technologique français en s'appuyant sur des compétences nationales, une manière de soutenir le secteur par la commande publique plutôt que par des subventions.

Visio

Cette démarche de souveraineté numérique n'est pas nouvelle, mais elle prend ici une forme très concrète. Elle s'aligne avec d'autres projets, comme le développement de solutions de cloud souverain sécurisé, pour bâtir une infrastructure numérique résiliente et indépendante des aléas géopolitiques.

Cette initiative est-elle suffisante pour garantir l'autonomie stratégique ?

Si Visio marque une étape importante, David Amiel met en garde contre la création de "nouvelles dépendances". Le champ de bataille de demain est déjà identifié : celui de l'intelligence artificielle. Le ministre insiste sur la nécessité de "s'appuyer sur les innovations européennes" pour rester aux meilleurs standards et éviter que les agents ne se tournent vers des applications grand public non sécurisées.

Visio

C'est une véritable "course de vitesse" qui est engagée. Pour que la transition soit un succès, il faudra non seulement que l'outil soit performant, mais aussi qu'il soit adopté massivement par les agents. Une circulaire du Premier ministre doit d'ailleurs officialiser prochainement ce déploiement, soulignant la volonté politique derrière ce projet d'envergure.

Foire Aux Questions (FAQ)

Qu'est-ce que l'application Visio ?

Visio est une solution de visioconférence 100 % française développée par la Direction interministérielle du numérique (Dinum). Elle est destinée à remplacer les logiciels américains comme Teams ou Zoom au sein de toute l'administration française pour sécuriser les échanges et réaliser des économies.

Quand Visio sera-t-elle déployée pour tous les agents de l'État ?

Le déploiement de Visio sera progressif et sa généralisation à l'ensemble des agents de la fonction publique est prévue pour l'horizon 2027.

Pourquoi cette transition est-elle importante pour la France ?

Cette transition est un acte majeur de souveraineté numérique. Elle vise à réduire la dépendance technologique de la France vis-à-vis des États-Unis, à garantir la sécurité de ses communications et à mieux maîtriser ses dépenses publiques en matière de logiciels.