Le constructeur allemand Volkswagen fait face à une situation délicate sur le marché américain, avec le lancement d’un rappel massif concernant son populaire SUV électrique, l'ID.4.

Au total, ce sont plus de 45 000 véhicules qui sont invités à retourner en concession pour un problème majeur : un risque d'incendie potentiel provenant de la batterie haute tension.

Cette mesure, annoncée par l'agence américaine de la sécurité routière (NHTSA), met en lumière une vulnérabilité sérieuse pour les modèles assemblés localement, une nouvelle qui vient ternir l'image du véhicule sur un marché extrêmement compétitif.

Une cascade de rappels aux origines complexes

L'opération se décompose en trois rappels distincts émis en moins de deux mois, bien que tous soient liés au même composant critique. Le rappel principal concerne 43 881 unités des modèles 2023 à 2025, pour lesquelles une surchauffe de la batterie pourrait se produire dans de rares circonstances.

VW ID4 voiture electrique 02

En parallèle, une campagne plus ciblée et plus urgente a été lancée pour 670 autres ID.4, modèles 2023 et 2024, où le risque est jugé bien plus élevé et immédiat. Cette fragmentation des rappels témoigne de la complexité du diagnostic initial et de la découverte progressive de l'étendue du problème par Volkswagen et ses partenaires.

La distinction entre ces groupes de véhicules est cruciale. Si Volkswagen estime que seulement 1 % des 44 000 véhicules du rappel principal présenteront effectivement le défaut, le constructeur considère que 100 % des 670 véhicules du second rappel sont affectés.

Ce second lot est directement lié à un défaut de fabrication identifié sur une période de production spécifique. Dans les deux cas, le danger ultime est une "propagation thermique" au sein des cellules de batterie, un phénomène pouvant mener à un incendie du véhicule, comme cela a déjà été observé dans plusieurs cas documentés.

La source du problème : un défaut de fabrication identifié

Au cœur du problème se trouve le fournisseur de batteries, SK Battery America. Après des investigations poussées, l'entreprise a reconnu une "déviation de qualité" dans son processus de production.

Le défaut technique précis réside dans des électrodes mal alignées au sein de certaines cellules de batterie. Ce mauvais alignement peut provoquer un court-circuit interne, entraînant une surchauffe et, dans les cas les plus graves, un départ de feu.

VW ID4 rappel NHTSA

L'identification de cette cause première n'a pas été simple, nécessitant des analyses destructives des batteries endommagées pour confirmer le diagnostic.

Il est important de noter que cette faille ne concerne que les batteries produites dans l'usine américaine de SK Battery America, située en Géorgie. Par conséquent, seuls les ID.4 produits par Volkswagen à Chattanooga, dans le Tennessee, sont concernés.

Les propriétaires européens peuvent être rassurés : les modèles assemblés à Zwickau et Emden utilisent des cellules de batterie différentes, qui ne proviennent pas de cette chaîne de production.

La découverte du problème a nécessité des analyses approfondies, incluant des scans tomographiques (CT scans), pour isoler les modules contenant les cellules défectueuses et confirmer que le problème est bien circonscrit aux uniquement les véhicules assemblés à Chattanooga.

Quelles conséquences et solutions pour les propriétaires ?

Pour les propriétaires des véhicules les plus à risque, notamment les 670 unités du rappel le plus critique, Volkswagen et la NHTSA ont émis des consignes de sécurité drastiques.

Il leur est formellement conseillé de garer les véhicules à l'extérieur, loin de toute structure, et de ne pas les laisser en charge sans surveillance, en particulier la nuit.

De plus, il est recommandé de limiter la charge à 80 % de la capacité maximale de la batterie et d'éviter l'utilisation des chargeurs rapides en courant continu (DC) jusqu'à ce que la réparation soit effectuée.

La solution apportée par Volkswagen sera gratuite pour tous les clients concernés. Pour le groupe le plus large, l'intervention consistera en une mise à jour logicielle visant à installer un programme de détection d'autodécharge (SDD) capable de prévenir la surchauffe, ainsi qu'une inspection complète de la batterie.

Pour les véhicules identifiés comme ayant des cellules défectueuses, un remplacement des modules défectueux sera effectué. Les propriétaires seront officiellement notifiés par courrier à partir du mois de mars, mais peuvent d'ores et déjà contacter le service client de la marque pour plus d'informations sur un processus qui sera totalement pris en charge par le constructeur.