Vega : une série d'erreurs humaines en cause pour l'échec de la mission VV17

Le par Jérôme G.  |  2 commentaire(s)
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Un problème en lien avec l'intégration du système d'activation de la tuyère du quatrième étage de Vega est mis en cause pour expliquer la perte de la mission VV17. Une série d'erreurs humaines au cours de la fabrication.

Mardi, la mission VV17 (Vol Vega n° 17) a tourné court pour le lanceur léger européen. Huit minutes après le décollage et à la suite du premier allumage du moteur du quatrième étage Avum embarquant les charges utiles, une dégradation de la trajectoire a été observée.

Cette anomalie de trajectoire a entraîné la perte de la mission, avec celle du satellite espagnol SEOSAT-Ingenio (observation de la Terre) pour l'ESA et du satellite français TARANIS (Tool for the Analysis of RAdiation from lightNIng and Sprites ; observation des orages) pour le CNES.

Rapidement après ce deuxième échec en 17 lancements depuis 2012 pour Vega, Arianespace a annoncé une analyse des données de télémesure pour en préciser les raisons. Elle a été complétée par une analyse de données de production.

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Deux échecs bien différents pour Vega

Contrairement au raté de juillet 2019 avec en cause un échec du deuxième étage en raison d'une défaillance thermo-structurale dans le dôme avant du moteur Zefiro 23, il n'est cette fois-ci pas question d'un problème de conception mais de fabrication.

" Il s'agissait clairement d'un problème de production et de qualité, une série d'erreurs humaines, et non un problème de conception ", a déclaré Roland Lagier, le directeur technique d'Arianespace (propos rapportés par SpaceNews).

Lors de la fabrication par Avio en Italie, un problème d'inversion de câbles dans un système de contrôle est pointé du doigt. La tuyère du moteur du quatrième étage de Vega n'aurait ainsi pas tourné du côté attendu. Reste à comprendre pourquoi la procédure de qualité a failli lors de la phase de production.

Dans un communiqué, Arianespace annonce la mise en place avec l'agence spatiale européenne d'une commission d'enquête indépendante. " La commission fournira des éléments détaillés pour expliquer pourquoi des mesures n'ont pas été prises pour identifier et corriger l'erreur d'intégration. "

Sans nul doute difficile à encaisser pour toutes les parties impliquées, cet échec ne devrait pas affecter les lancements des autres missions d'Arianespace.

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Vos commentaires

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jacob13 offline Hors ligne VIP icone 6356 points
Le #2113468
Si ça avait été produit en Chine ça ne serait pas arrivé --->[] loin...
lebonga away Absent VIP avatar 32266 points
Le #2113483
Bah les procédures qualités...

Sur pratiquement toutes celles que j'ai suivi, il y a des NOK qui se transforment en OK...

Quand c'est pour du tube carton, ou du plat à gratin, ça passe, mais là, ça va coûter bonbon à quelqu'un...
Anonyme
Le #2113562
Il y avait le même problème de qualité pour les pièces d'Airbus fabriquées en Italie. Nantes les refaisait discrètement pour éviter les problèmes diplomatiques.
Les voitures Fiat vous partaient dans les mains, rétroviseurs, poignées...
La non qualité est un problème de toute l'industrie italienne, du lave linge aux satellites en passant par les avions et les voitures.
Le CEA et le Cnes aurait dû demander conseil à Airbus !
Le problème est difficile à résoudre dans les coopérations internationales, cas de Superphenix aussi.
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